Kenya : conférence régionale sur la piraterie maritime les 9 et 10 février 2012

kenya-1.gifNairobi, capitale du Kenya abrite une conférence sur le thème de la piraterie maritime préalable à une nouvelle réunion, plus large, qui se tiendra à Londres le 23 février 2012. Ce colloque sera l'’occasion de débattre des problématiques sécuritaires attenantes à la piraterie, des mesures de prévention contre les actes de piraterie, notamment via l’'adoption de dispositifs sécuritaires embarqués.

La piraterie maritime affecte aujourd’hui une zone qui s’étend du Nord au Sud de la Mer rouge au canal du Mozambique et, d’ouest en est, du littoral est-africain au 70e parallèle est. Au cours de l'’année 2011, 439 actes de piraterie ont été recensés par le bureau maritime international -BMI- contre 445 en 2010. La tendance semble par conséquent à la stagnation. Pourtant, les statistiques établies d’'après les données du BMI attestent d’'une augmentation du nombre de tentatives avortées puisque seule une attaque sur 14 aboutirait à une prise d’'otages sur l’année 2011 contre une attaque sur 4 en 2010. Contraints de multiplier les offensives, les pirates ont également décuplé le montant des rançons exigées.

Si le nombre d'’attaques ne faiblit pas, les échecs se multiplient. Ainsi, 8 bateaux demeurent aux mains de pirates aujourd’hui contre une trentaine à la fin de l’'année 2010. Cette statistique tend à confirmer la portée et l’'efficience des mesures de contre-piraterie auxquelles ont recours les armateurs.

Parmi ces mesures, la plus répandue à l’'heure actuelle demeure la construction de citadelles au sein de l’armature des navires, chambres isolées permettant le confinement des membres d’'équipage lors d’'une attaque. La fixation d’'un canon à son -Long Range Acoustic Device – LRAD- sur le pont du navire ou l'’augmentation de la vitesse de croisière permettent également d’éloigner d’éventuels agresseurs. 

Par ailleurs, des drones de l’'armée américaine effectuent régulièrement des missions de surveillance ou de repérage au large du littoral somalien afin d’identifier des embarcations suspectes -équipées de moteurs de type hors-bord ou surchargées de vivres ou de carburant. En outre, les navires de la force européenne Atalante ont resserré le périmètre de surveillance à une trentaine de kilomètres au large des côtes de la Somalie, déployant un cordon sécuritaire autour de l’'état de la Somalie. 

Enfin, la mise en place d‘'équipes de protection embarquées -EPE- – et de leur armement – sur les navires commerciaux, mesure adoptée par 1 bateau sur 6 à l'’heure actuelle, tend à dissuader les attaques tout en posant de nouveaux problèmes légaux. La convention sur le droit de la mer de Montego Bay -1982- dispose en effet que l’'état du pavillon est compétent pour définir la législation en vigueur. Toutefois, les eaux territoriales sont soumises à la juridiction de l’'état auxquelles elles demeurent rattachées. Aussi, la possibilité de voir transiter, dans les eaux territoriales des états situés sur les routes de navigation du commerce international, des navires marchands à bord desquels officient des équipes armées requiert une autorisation légale. En outre, légaliser le port d'’armes à bord des navires marchands ne peut se faire sans encadrer l’'usage des armements autorisés, d’autant que cette libéralisation concerne des acteurs privés.

La conférence convoquée le 23 février 2012 à Londres devrait par conséquent être marquée par un débat autour des thématiques évoquées plus haut. L'’influence des autorités britanniques, précurseurs dans la privatisation de la sécurisation de la navigation commerciale – par une décision gouvernementale du 31 octobre 2011 autorisant les EPE à porter un armement – pourrait faire évoluer les législations en vigueur.