L'ONG Global Witness dénonce les méthodes d'entreprises françaises en RDC

Selon un rapport de l'ONG Global Witness  et présenté par Alexandra Pardal "La France est le premier pays après la république populaire de Chine à importer du bois depuis la RDC. La France capte 12 % du volume total exporté par la RDC. Ce bois est exploité trop souvent de manière illégale."

Des essences précieuses comme : iroko - sapele - sipo. Des bois au grain noir ou brun employés pour des produits de luxe, pour des planchers et des salons de jardins haut de gamme, pour les finitions de décoration des navires.

D'après Alexandra Pardal de l'ONG Global Witness "Ces essences sont parmi les plus anciennes du monde. On ne les trouve que dans la forêt primaire comme celle du bassin du Congo, la plus grande après l’Amazonie. "60 % de la forêt du bassin du Congo se trouve sur le territoire de la RDC. L'état est défaillant en république démocratique du Congo affecté une très grande corruption, la misère et une gouvernance mal gérée. La moitié des sociétés qui exploitent le bois en RDC en profitent pour le faire sans respecter les réglementations."

Spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles dans les pays en développement, l'ONG Global Witness dénonce des contrats d’exploitation trafiqués, le dépassement des quotas de coupe autorisés, l’exportation d’essences protégées, le non-respect des droits des communautés locales et de la législation du travail pour les salariés.

Parmi les exploitants forestiers qui font l’objet des accusations de l’ONG de Grande Bretagne, les deux plus importantes exploitations forestières de la république démocratique du Congo,  assurant à elles seules la moitié des exportations de bois de la RDC. Alexandra Pardal précise "qu'elles exploitent certaines forêts sans permis, dans d’autres, elles le font dans des quantités qui dépassent les volumes autorisés, font le commerce d’essences non autorisées et sous-paient les redevances qu’elles doivent à l’état du Congo démocratique."

Alexandra Pardal déclare "ces deux entreprises seraient complices de mauvais traitements infligés à des populations locales et agissent avec le concours de la police locale à qui elles fournissent du matériel notamment des voitures tout terrain. Ces deux entreprises sont congolaises mais sont la propriété d'européens".

L’ONG a décidé de déposer plainte en France contre près de 9 entreprises hexagonales qui importent du bois de RDC. "Elles le font en dépit de la réglementation française et européenne sur le bois. Elles vont devoir s’expliquer", martèle un responsable de l'ONG.

Le français André Gide écrivait en 1927 dans son ouvrage "voyage au Congo" le comportement honteux des compagnies forestières dans le bassin du Congo, avec ses lots de violences – mensonges – pillages etc…Le livre avait défrayé la chronique soulevant un tollé général. Près d’un siècle après les méthodes et comportements seraient les mêmes selon l’ONG de Grande Bretagne.

Pour mémoire en 2003 l’Union européenne a adopté un plan d’action - FLEGT - pour lutter contre l’exploitation abusive des forêts et le commerce du "bois illégal". Ce plan prévoit de développer une offre de bois garanti légal, via la signature d’accords de partenariat avec les pays producteurs et d’éliminer le bois illégal ou ses produits dérivés sur le marché européen. Le règlement sur le bois de l’Union européenne - RBUE- entré en application en mars 2013 impose un principe de "diligence raisonnée" aux opérateurs qui peuvent être sanctionnés s’ils n’ont pas pris toutes les mesures pour réduire le risque d’importer du bois illégal.

Pour de plus amples informations sur  l'ONG de Grande Bretagne : https://www.globalwitness.org/

Alexandra Pardal, +44 (0) 772 073 7954, apardal@globalwitness.org