Mali : réunion ministérielle du groupe de soutien et de suivi le 19 octobre 2012

mali-2.gifA l’initiative de l’Union africaine –UA-, une réunion ministérielle du groupe de soutien et de suivi de la situation au Mali doit se tenir vendredi 19 octobre 2012 à Bamako. Regroupant des représentants de l’UA, de la CEDEAO et de l’Union Européenne et de l’ONU, cette rencontre doit permettre de rassembler les acteurs impliqués dans la résolution de la crise, alors que le Nord-Mali est toujours aux mains de groupes islamistes armés.

Sollicité par les autorités maliennes le 4 septembre 2012, le projet de déploiement militaire de la CEDEAO au Nord-Mali a connu ces derniers jours une nette avancée. En effet, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité le 12 octobre 2012 la résolution 2071, donnant ainsi son accord de principe à la future intervention panafricaine au Nord-Mali. Cependant, les modalités d’une telle intervention restent encore floues et le Conseil de sécurité exige de la CEDEAO et de l’UA de lui fournir dans un délai de 45 jours les contours de la future opération. En pressant les autorités régionales africaines, l’ONU souhaite connaître les objectifs, les moyens et le coût financier de l’intervention, avant de donner son aval final au déploiement des troupes. Le conseil a également exhorté le secrétaire général de l’ONU, Ban-Ki Moon, à fournir des experts militaires onusiens pour assister la CEDEAO et l’UA dans la planification de la future opération au Nord-Mali.

Dans ce contexte, l’UE semble vouloir jouer un rôle central dans la gestion de crise. Outre la nomination le 9 octobre 2012 de Romano Prodi au poste d’émissaire des Nations Unies au Sahel, les pays de l’UE se mobilisent sur le dossier malien. Une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE sur le Mali s’est d’ailleurs tenue le 15 octobre 2012, à l’issue de laquelle il a été décidé un renforcement de principe de l’engagement en faveur du Sahel et du Nord-Mali. Le détail de l’action européenne sur ce dossier sera toutefois dévoilé le 19 novembre 2012, et devrait inclure notamment l’envoi d’une mission militaire pour former l’armée malienne avant l’offensive au nord du pays.

Alors que l’arrivée des soldats de la CEDEAO ne devrait pas se concrétiser avant plusieurs mois, la situation sur le terrain reste marquée par la domination des groupes islamistes – AQMI, MUJAO, Ansar Dine sur les deux-tiers nord du Mali. Ces derniers renforcent leurs capacités face à la menace d’une prochaine intervention militaire ouest-africaine au Nord-Mali. Ainsi, plusieurs sources concordantes font état d’une intensification des trafics d’armes à destination des principales villes du nord -Gao, Tombouctou- et de l’enrôlement de jeunes maliens dans les rangs des groupes djihadistes.

Parallèlement, les rebelles touaregs du MNLA -mouvement national de libération de l’Azawad ont reformulé leurs revendications politiques au cours d’un entretien le 7 octobre 2012 avec Blaise Compaoré, président de la république du Burkina Faso et médiateur de la CEDEAO dans la crise malienne. Les rebelles privilégieraient désormais la voie de l’autodétermination à celle de l’indépendance totale de l’Azawad, espérant ainsi pouvoir jouer un rôle de premier ordre dans la future offensive de libération du Nord-Mali. La planification d’une intervention militaire de la CEDEAO est par ailleurs complexifiée par la situation politique et sécuritaire au Sud-Mali, où partisans et opposants à une aide extérieure déstabilisent les institutions de transition. Outre les manifestations régulièrement organisées par les deux camps dans les rues de Bamako, la scission entre forces de sécurité pro-putschistes et celles partisanes de l’ancien président « A.T.T » semble s’aggraver. Le secrétaire général adjoint de l’ONU aux droits de l’homme, Ivan Simonovic, a d’ailleurs déploré le 8 octobre 2012 les enlèvements, agressions et assassinats à Bamako, qu’il attribue aux militaires du capitaine Sanogo un ancien leader putschiste.

La réunion de vendredi intervient alors que la situation sécuritaire au Sahel ne cesse de se détériorer, comme l’atteste l’enlèvement dans la nuit du 14 au 15 octobre 2012 de 6 personnes dont 5 humanitaires à Dakoro, au sud du Niger. Outre la préparation de l’intervention militaire au Nord-Mali, les participants à cette rencontre devront envisager des solutions durables pour renforcer l’unité de l’état du Mali, favoriser le dialogue avec les groupes rebelles du Nord et ainsi endiguer, à terme, les menaces terroristes et criminelles qui déstabilisent l’ensemble de la région sahélienne.