Zanzibar : Commémoration des violences des 27 - 28 janvier 2001

zanzibar.gifLe vendredi 27 janvier 2012 sera célébré le 11e anniversaire commémoratif des violences à Zanzibar liées aux contestations des résultats de l’'élection présidentielle de 2000. L'’archipel demeure en effet administré par une entité politique autonome, le gouvernement révolutionnaire de Zanzibar.

Le 27 Janvier 2001, le front civil uni -CUF-, principal parti d'opposition à Zanzibar, a organisé des manifestations pacifiques pour protester contre le déroulement des élections présidentielles locales malgré l’i'nterdiction de manifester décrétée par les autorités du Zanzibar. Invoquant les droits à la liberté d'expression et à la liberté de réunion garantis par les articles 18 et 20 de la constitution, les membres du CUF ont outrepassé l'interdiction de l'état.

Ces rassemblements populaires – destinés à dénoncer la mauvaise gestion du processus électoral et les fraudes présumées lors des élections locales de décembre 2000 – ont été réprimés par les forces de sécurité du Zanzibar qui ont eu recours à des tirs à balles réelles pour disperser les manifestants. 37 personnes ont ainsi été tuées, plus d’'une centaine blessée ainsi que plusieurs dizaines d’'autres détenues par les autorités locales, accusées d’avoir pratiqué des sévices corporels assimilables à la torture sur les individus inculpés.

Le président de Zanzibar, Amani Abeid Karume, s’'est, en outre, exprimé publiquement lors d’une allocution télévisée le 28 janvier 2001 pour féliciter les forces de police, engendrant de très vives tensions entre partisans de l'’opposition et du pouvoir.

Le legal human rights centre -LHCR- en collaboration avec la FIDH -mouvement mondial de défense des droits de l’'homme- a, par ailleurs, diligenté une mission d'enquête à Zanzibar du 9 au 17 janvier 2001 puis du 16 au 23 février 2001 puis publié un rapport sur ces incidents.

Ce texte a conclu que les forces de l’'ordre avaient fait un usage excessif de la force contre les manifestants du CUF. Le rapport constate également, consécutivement aux violences du 27 janvier, un harcèlement systématique des membres du CUF. Plusieurs cas de torture et de viols de citoyens à Pemba ont été signalés, exactions suivies d’un phénomène migratoire massif. L'exode de plus de 2 000 réfugiés en provenance de l’île de Pemba vers Mombasa, au Kenya, a ainsi été observé.

Aussi, demain les commémorations de ces incidents – historiques à l’échelle de l’archipel – pourraient affecter l’environnement sécuritaire local. Ces événements illustrent, en outre, le contexte politique volatil au sein de l’archipel du Zanzibar où l’'opposition politique apparaît fortement marquée. L'’actuel président du Zanzibar, Ali Mohamed Shein, a succédé à Amani Abeid Karume en 2010 et appartient à la même mouvance politique représentée par le parti chama cha mapinduzi -CCM-. Le CUF demeure par conséquent un des principaux partis d’'opposition et d'’éventuelles célébrations publiques pourraient être interprétées comme une défiance vis-à-vis des autorités du Zanzibar.