Sénégal : 1er tour de l'élection présidentielle le 26 février 2012

senegal-1.gif

Le premier tour de l'élection présidentielle au Sénégal se tiendra ce dimanche 26 février 2012 dans un contexte sécuritaire marqué par l'émergence ces dernières semaines de violences politiques nées d'une forte mobilisation anti-gouvernementale. Des affrontements entre militants et forces de l'ordre ont ainsi été régulièrement rapportés depuis la fin du mois de janvier 2012 . A l'échelle politique, l'éclatement de l'opposition au président Wade, lequel arrivera vraisemblablement en tête des suffrages exprimés au premier tour, donne lieu à un scrutin très ouvert.



A l'origine de la contestation issue de la société civile, la décision du conseil constitutionnel de valider la candidature d'Abdoulaye Wade, le 27 janvier 2012, a engendré une vague de violences. 4 personnes sont mortes lors de ces incidents, les responsables politiques ont semblé largement dépassés par la détermination des acteurs de la mobilisation sociale, laquelle a progressivement dégénéré et entraîné l'intervention des forces de l'ordre. 

Le chef de l'état sortant a été élu en 2000 pour un mandat septennal, puis réélu en 2007 pour un mandat quinquennal. Or, la réforme constitutionnelle de 2001 a institué l'impossibilité légale de renouveler le quinquennat plus d'une fois. La légalité de la candidature de Wade à un troisième mandat repose par conséquent sur la portée non-rétroactive de l'amendement de 2001, le conseil constitutionnel ayant considéré que le mandat que brigue actuellement le président Wade son troisième constituerait le dernier renouvellement autorisé de son quinquennat 2007-2012. Une nouvelle réforme constitutionnelle prévoyant le rétablissement du septennat ayant par ailleurs été votée en 2008, les candidats se présentent aujourd'hui pour une période de 7 ans.

Si au début du mois de février 2012, la stratégie gouvernementale traduite par le choix des autorités de ne pas disperser les protestataires semblait s'inscrire dans une volonté de ne pas aggraver les tensions existantes entre les forces d'opposition et la majorité présidentielle, la multiplication des manifestations publiques a engendré la crispation des autorités sénégalaises qui ont ensuite donné l'ordre de disperser tout rassemblement.

La parution officielle des conclusions de la plus haute institution judiciaire sénégalaise a épuisé les recours légaux des forces de l'opposition et significativement restreint la marge de manoeuvre des forces contestataires. Les forces de l'opposition ont concentré leur action autour la place de l'indépendance dans le sud de la capitale sénégalaise, zone au sein de laquelle toute manifestation publique demeure proscrite par l'arrêté du 20 juillet 2011 afin de protéger les institutions étatiques.

Le premier tour se tiendra par conséquent dans un contexte politique marqué par une lutte exacerbée entre une opposition éclatée et une majorité rassemblée, les différents acteurs du processus électoral ayant abandonné progressivement toute notion de responsabilité en privilégiant l'escalade de la violence à la médiation.

Si l'environnement sécuritaire demeure assujetti à des risques d'émergence de violences inhérents à un contexte politique exceptionnel, le scrutin devrait toutefois se dérouler dans le calme, sous l'encadrement d'un large dispositif policier composé notamment des éléments du groupement d'intervention mobile -GMI- de la police sénégalaise.