Jah Prince, un artiste franco-ivoirien

Un artiste engagé et prisonnier d’opinion en Côte d’Ivoire

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Jah Prince au printemps de Bourges en 2003

Son véritable nom est Prince Serry et a débuté la musique reggae il y a plus de 35 années. A l’époque d’Houphouet Boigny, président de la république, Jah Prince avait déjà connu les prisons après avoir défendu les valeurs du "rastafarisme"refusant de se couper les cheveux.

Dans son album "prisonniers de Babylone" il dénonce ouvertement les atteintes portées aux libertés, le menant tout droit à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan – MACA

L’artiste Jah Prince revient en Côte d’Ivoire avec son fils et sa femme enceinte d’un second enfant, en avril 2010 afin de poursuivre son art.  Alors que nous sommes au plus fort de la crise post-électorale il rejette la proposition des autorités françaises de rejoindre le 43e BIMA au titre de la protection de ses ressortissants. Pour cet artiste engagé il n’est pas acceptable de se mettre sous protection du drapeau français, alors que la France est selon lui responsable "de mettre à feu et à sang la Côte d’Ivoire et d’y chasser le pouvoir légitime de Laurent Ggagbo."

Avec sa famille il subit au centre du quartier de Youpougon, les exactions des FRCI, viols, pillages, pressions, et autres bombes larguées par la France et le problème de nourriture se fait sentir. La terreur se poursuivra après le 11 avril 2011 malgré l’arrestation du président de la république Laurent Gbagbo et la plupart de ses collaborateurs et membres de sa famille.

En juin 2011, l’artiste Jah Prince doit faire face aux agents de la douane de Côte d’Ivoire le dépossédant intégralement de son outil de travail et de ses enregistrements musicaux évalués à près de 300 000 euros.

Jah Prince ne sait jamais caché d’être proche du camp Gbagbo. Cette confiscation est-elle à mettre sur le dos de ces prises de positions dénonçant l’ingérence de la France ?  Ou bien cela relève-t-il d’un petit groupe de rebelles souhaitant vivre de contrebande, trafics et autres trésors de guerre. ?

Du fait que Jah Prince dénonce ouvertement la situation qu’il est en train de vivre les ennuis veulent se poursuivre jusquà son arrestation le 21 novembre 2012 ou il est condamné à une année de prison ferme et 5 années d’interdiction de résider sur le territoire de la Côte d’Ivoire officiellement pour consommation de cannabis.

Dossier hautement sensible sur le plan politique. Par le biais du directeur de cabinet du Palais de l’Elysée il est écrit "Le droit international proscrivant toute ingérence dans la justice d’un état étranger souverain, les autorités françaises ne peuvent s’immiscer dans la défense de  Prince Serry"

Plusieurs proches de l’artiste n’hésitant pas à faire observer "que la France a bafouer le conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire en constatant la victoire de Laurent Gbagbo. Qui ne se souvient  de la mobilisation des mêmes autorités françaises dans l’affaire Cassez ou encore dans la sordide affaire de l’Arche de Zoé ? Il s’agissait pourtant de citoyens français accusés de crimes de droit commun autrement graves… A moins qu’il n’y ait plusieurs catégories de citoyens français ?"

Il est vrai que la vie d’un artiste engagé face aux considérables contrats juteux des multinationales ne fait guère le poids.  A suivre.