Ban Ki-Moon réclame 3 000 soldats supplémentaires

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Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU a réclamé jeudi 20 février 2014 devant le Conseil de sécurité le déploiement rapide "d’au moins 3.000 soldats et policiers supplémentaires en Centrafrique pour rétablir l’ordre et protéger les civils." Ban Ki-Moon a demandé que ces nouvelles troupes arrivent "dès que possible, dans les jours et les semaines à venir" et soient dotées de moyens aériens pour se déplacer en raison de l’étendue du territoire du Centafrique.

Evoquant les effectifs militaires déjà sur place ou prévus  soit 2.000 français, ainsi que 6.000 africains et sans omettre l’arrivée entre  500 et 1 000 du contingent de l’Union européenne Ban Ki-Moon a précisé: "Il nous en faut davantage, et vite". Pour Ban Ki-Moon, il s’agit d’une étape intermédiaire avant le déploiement de Casques bleus en Centrafrique.

Rappelant qu’il doit remettre fin février un rapport à ce sujet, il a souligné que"le déploiement d’une opération de maintien de la paix, si elle est autorisée, prendra des mois". "La population du Centrafrique  ne peut pas attendre des mois". Il faut "agir maintenant pour éviter une nouvelle aggravation de la situation", a martelé  Ban Ki-Moon. Il a évoqué des "atrocités ainsi que des déplacements massifs de populations" qui menacent le Centrafrique d’une "partition rampante", avec la fuite des musulmans vers le Nord sous la menace de milices chrétiennes.

"Les besoins de sécurité dépassent de loin les capacités des troupes internationales déployées actuellement" souligne Ban Ki –Moon en ajoutant  "Et là où il n’y a pas de forces internationales, les civils n’ont trop souvent le choix qu’entre la mort et la fuite".

La république du Tchad a annoncé jeudi  20 février 2014 avoir mis fin au rapatriement sous protection militaire de ses ressortissants établis en Centrafrique. Au terme d’une visite de 48 h à Bangui, capitale du Centrafrique,  Valérie Amos responsable  des opérations humanitaires de l’ONU a jugé jeudi 20 février 2014 qu’il n’y avait "pas assez de troupes sur le terrain" et a souligné que le Centrafrique "a connu une destruction totale de ses institutions". M. Ban a proposé que "toutes les forces internationales présentes en RCA soient placées sous un commandement coordonné", avec pour mission prioritaire de protéger les civils et de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire. Il a aussi suggéré de fournir une aide logistique et financière de 38 millions de dollars à la MISCA  -mission de la force de l’Union africaine- "pendant une période de transition de 6 mois".

Enfin, le gouvernement du Centrafrique se verrait octroyer une aide financière pour rétablir une partie des services publics essentiels. Ces plusieurs millions de dollars lui permettraient de verser des primes pour inciter policiers, juges et gardiens de prison à reprendre le travail.

Ban Ki-Moon a demandé aux états donateurs de se montrer plus généreux: l’appel de fonds de l’ONU pour 2014  représente 551 millions de dollars n’est en effet couvert qu’à 15% alors que 2,5 millions de centrafricains ont besoin de secours.

Gerard araud

Gérard Araud ambassadeur de France à l'ONU

Gérard Araud, ambassadeur de France à l’ONU a déclaré à l’issue du conseil de sécurtié qu’il s’agissait d’agir "dans les 6 mois qui viennent" avant l’arrivée des Casques bleus. Le Conseil va examiner les propositions de Ban Ki Moon "de  façon  très pragmatique". Il a semblé écarter l’idée de nouveaux renforts français après les 400 soldats rajoutés à l’opération Sangaris: "La France a fait l’effort qui lui a été demandé (.) Nous avons déjà beaucoup fait pour le Centrafrique". D’après  des responsables de l’ONU, l’idée est de solliciter en premier lieu les autre états de l’Union européenne , Ban Ki Moon et ses adjoints ont contacté à cet effet environ 115 états membres de l’Union européenne.