Centrafrique : Les rebelles s'emparent de 3 villes en 3 jours

La coalition rebelle qui a pris les armes en Centrafrique plus d'une quinzaine de jours s'est emparée dimanche 23 décembre 2012  de l'importante ville de Bambari ainsi que d'une troisième ville  prise en trois jours, malgré l'appel à la négociation lancé par les chefs d'états d'Afrique centrale exigeant que la rébellion se retire des villes et autres villages qu'elle occupe.

Au bout d'une heure de combats, Bambari est tombée aux mains des rebelles qui contrôlent le coeur de la ville. Les FACA se replient progressivement en direction de Grimari situé à près de 50 km de Bambari. A souligner que Bambari, est l'une des plus grandes villes du Centrafrique et capitale de la région de la Ouaka. Bambari constituait l'une des places fortes des FACA. Pour mémoire samedi 22 décembre 2012 la coalition du Séléka, regroupant plusieurs rébellions, avait déclaré la reprise des hostilités, malgré sa promesse de "geler les opérations" et l'appel à négocier lancé par le gouvernement. Le Séléka avait alors affirmé avoir pris le contrôle de la ville aurifère de Ndassima située à environ 20 km de Bambari et de la ville d'Ippy. De plus selon nos informations la ville de Bria est aussi entre les mains des rebelles. 

Le Séléka revendique entre autre "le respect" de différents accords de paix signés entre 2007 et 2011, prévoyant un processus de désarmement et de réinsertion des ancienscombattants.

Les chefs d'états de la Communauté économique des états d'Afrique centrale -CEEAC- rassemblés à N'Djamena capitale du Tchad, vendredi 21 décembre 2012, avaient cédé du terrain, acceptant l'idée de renégocier différents accords de paix avec la coalition de rébellions, comme elle le souhaitait. Toutefois, ils avaient demandé "le retrait des rebelles à leur position de départ dans un délai n'excédant pas une semaine".

Impensable pour le Séléka: "Il est difficile pour nous d'effectuer un retrait sans accord préalable de cessez-le-feu", avait réagi vendredi son porte parole Eric Massi, justifiant plus tard les prises de Ndassima et Ippy comme autant de réactions aux "provocations" des FACA.

Le président François Bozizé n'a pas l'intention de respecter un cessez-le-feu et si ses colonnes viennent au contact, on n'aura d'autre choix que de réagir, avait déclaré le porte-parole, accusant le président Bozizé de "faire s'approcher une colonne de véhicules des FACA de Bria ville diamantifère sous contrôle de la Séléka pour lancer une offensive.

Pour mémoire François est arrivé au pouvoir suite à un coup d'état le 15 mars 2003 il y a presque dix ans.