Communiqué de Médecins sans frontières

L’insécurité et la violence remettent en question la capacité de MSF à acheminer son assistance en Centrafrique. Ces derniers mois, les attaques, violences et actes de racket exercés à l’encontre des humanitaires se multiplient.

Le 7 novembre 2014, un premier camion ralliant Paoua à Bangui, transportant du matériel médical, et clairement identifié comme opérant pour Médecins Sans Frontières (MSF), a été arrêté et séquestré par un groupe armé entre Yaloké et Bossembélé. Une somme d’argent a été exigée pour que le véhicule et son équipage puissent être libérés. 24 heures plus tard, faisant le même trajet, un deuxième camion MSF a été arrêté et retenu par le même groupe armé. Le responsable de l’équipe a été emmené de force pour négocier la rançon. Ensuite le véhicule a été libéré, mais pour des raisons de sécurité, a préféré retourner à la mission catholique de Bossembélé où il attend que la route soit suffisamment sûre pour regagner Bangui.

"Ces deux événements sont très graves. A chaque fois, les attaquants se sont montrés très agressifs, insultants, menaçants, pointant leurs armes sur nos personnels, tirant en l’air etc. Ce qui s’est révélé être de réelles séquestrations s’est dans les deux cas soldé par le versement d’importantes sommes d’argent. Heureusement, personne n’a été blessé, mais de telles agressions et menaces à l’encontre d’activités humanitaires sont inadmissibles dénonce Delphine Chedorge, chef de mission MSF en Centrafrique. Ces événements sont bien la preuve que, malgré le discours optimiste ambiant, dispensé, notamment, par les forces internationales, la situation en RCA est loin d’être pacifiée. L’insécurité représente toujours une entrave majeure à la délivrance des secours dans ce pays en crise où les besoins humanitaires sont énormes"

Ces derniers événements font en effet suite à une nette augmentation, ces derniers mois et particulièrement en octobre dernier, du nombre d’attaques et d’actes de racket à l’encontre des personnels et véhicules humanitaires. Malgré des contacts répétés avec les autorités, les forces internationales et les groupes armés en présence, force est de constater que les garanties de sécurité qui sont apportées à MSF ne sont pas suivies de faits.

"Le gouvernement en place est totalement absent et silencieux. L’impunité est de rigueur. La MINUSCA échoue à protéger les civils. Sangaris et Eufor ne parviennent pas sécuriser le pays et les axes routiers. A l’image des populations centrafricaines, les ONG, victimes de ce vide sécuritaire, sont les cibles faciles de la violence et de la cupidité de groupes armés crapuleux que personne ne prétend contrôler" déclare Laurent SURY, responsable des programmes MSF en Centrafrique à Paris

Ces événements mettent en péril les activités de MSF en Centrafrique. En effet, des difficultés à approvisionner la quinzaine de projets qu’elle gère en province, cumulées à une exposition excessive de ses équipes au danger, pourraient amener à une réduction de ses activités dont dépendent pourtant des centaines de milliers de personnes ; des activités vitales dans les zones où elle est le seul acteur médical présent.

MSF travaille en Centrafrique depuis 1997. Depuis 2013, nous avons doublé le nombre de nos projets afin de répondre à la crise dans ce pays.

Médecins Sans Frontières (MSF)