Conseil de sécurité de l'ONU

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Les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU sont parvenus mardi 3 décembre 2013 à un consensus sur un projet français de résolution sur la crise en  Centrafrique qui devrait être adopté à l'unanimité jeudi 5 décembre 2013, d’après plusieurs ambassadeurs à l'ONU.

La résolution donne mandat à la force panafricaine présente en Centrafrique -MISCA- pour se déployer "pour une période de douze mois", avec une clause de révision au bout de six mois, afin de "protéger les civils et de rétablir l'ordre et la sécurité par les moyens appropriés". Elle autorise également les forces françaises en Centrafrique à "prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la MISCA dans l'exercice de son mandat". Le texte est placé sous le chapitre 7 de la Charte de l'ONU qui prévoit le recours à la force.

La résolution demande à Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU de présenter dans les trois mois un rapport donnant des recommandations pour "une transformation éventuelle de la Misca en opération de maintien de la paix de l'ONU" si les conditions politiques et de sécurité en Centrafrique le permettent.

Pour sa part l’ambassadeur de France auprès de l’ONU, Gérard Araud a précisé « que cette  transformation ne sera pas automatique » en ajoutant "A ce stade il est difficile de savoir si la force africaine avec le soutien des forces françaises sera capable de faire le travail. Si la force africaine fait le travail, il n'y aura pas besoin d'une force de maintien de la paix". A la lecture d’un récent rapport de l'ONU, une telle force devra déployer entre 6.000 à 9.000 hommes.

La résolution prévoit la création d'une commission d'enquête sur les droits de l'homme, un embargo sur les armes à destination du Centrafrique et la menace de sanctions ciblées contre les responsables d'exactions et ceux qui tenteraient de bloquer la transition politique en Centrafrique. D’après plusieurs ambassadeurs, les Etats-Unis étaient réticents à la mise en place rapide d'une opération de maintien de la paix. Ils refusaient entre autre une solution mixte du type de l'AMISOM -mission de l'Union africaine en Somalie, composée d'africains dont le financement est assuré par l'ONU et l'Union européenne.

Aux termes de la résolution, la montée en puissance de la MISCA, qui devrait compter 3.600 hommes à effectif plein mais n'en compte pour l'instant que 2.500, sera financée par un fonds fiduciaire alimenté par des contributions volontaires. D’après  Gérard Araud, ambassadeur de France auprès de l’ONU, le contingent français en Centrafrique aura en charge de rétablir l'ordre à Bangui, capitale du Centrafrique et  de "sécuriser les axes routiers pour permettre un accès humanitaire".

La France a débuté le renforcement de ses effectifs en Centrafrique. L’opération est prévue avant le 10 décembre 2013.