UNESCO : 38e conférence générale

"Malgré les antagonismes nationaux, les interlocuteurs se retrouvent dans les discours qui convergent dans le même sens" déclare  Georgette Koyt

Img 20151104 150641Georgette Koyt  -  salle Miro @centrafriqueledefi - novembre 2015

Paris, abrite la 38e conférence générale de l’UNESCO rassemblant des délégations venues du monde entier avec la participation de plusieurs chefs d'états et de gouvernements et les ministres de l'éducation nationale, de la culture et des sciences.

Le Centrafrique est représenté par Mme Georgette Koyt.  Une première, pour cette femme née après l'indépendance, dotée d’une très grande culture générale. Elle a suivi notamment des études anglo-saxonnes à l’université de la Sorbonne à Paris. Rattachée au ministère de l'éducation, elle se présente "non pas comme une politicienne mais une technicienne".

Pour mémoire, l'ambassadeur Michel Gbezeria Bria avait remis ses lettres de créances à François Hollande, à la fin janvier 2015.  Il n’a pas pu le faire auprès d’Irina Bokova directrice générale de l’UNESCO, en raison d’un très grave dysfonctionnement au départ de Bangui.  Ce grand commis de l’Etat a décidé de ne faire aucune apparition à la 38 e conférence générale ! Normal, puisque non accrédité auprès de l'institution onusienne.

Mardi 3 novembre 2015 à l’ouverture de la séance solennelle en présence du prince de Norvège,  en salle I,  Georgette Koyt  souligne à la sortie "on prend conscience de la dimension et de l’importance de l’UNESCO".

Sur le plan anecdotique, un seul badge était prêt : Celui de Sophie Gbadin, nommée depuis peu, premier secrétaire de l’ambassade du Centrafrique à Genève en Suisse. Bangui avait envoyé une liste de noms datant de 2011 !  Le jour même de l’ouverture Sophie Gbadin était à bord du vol Air France Paris-Bangui.

Le 14 décembre 2014, Irina Bokova, directrice générale de l'UNESCO,  était  en visite officielle à Bangui. Au cours de son entretien avec la présidente Catherine Samba-Panza, Irina Bokova évoqua les appuis possibles dans les secteurs de l'éducation et de la culture. Malheureusement pour le peuple centrafricain, la présidente de transition ne releva pas faute de vision et de projets.

Ah le Centrafrique pays de tous les paradoxes.

Georgette Koyt  était à l’origine du projet R.C.A 2025 faisant ressortir entre autre "la balance des paiements, l’autosuffisance alimentaire et la mise en place de pôles d’excellences sur l'ensemble du territoire du Centrafrique, etc". Ce projet fût enterré sous le régime de François Bozizé.

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Achille Désiré Baloula et Georgette Koyt -  salle I  @centrafriqueledefi - novembre 2015

Il est incontestable que dans cette immense salle I, malgré la présence à ses côtés d’Achille Désiré Baboula conseiller en charge de la culture à l’ambassade du Centrafrique à Paris elle se retrouve quelque peu isolée entre les 600 participants.

Selon Georgette Koyt  "un état est stable lorsque les piliers de la santé et de l’éducation fonctionnent."

Alors que le Centrafrique se retrouve sous sanctions internationales, Eloi Anguimaté ministre de l’éducation nationale négocia avec succès la levée de certaines sanctions en octobre 2015 . Il devait représenter le Centrafrique à la 38e conférence générale de l'UNESCO.

La présidente de la transition Catherine Samba-Panza, refusa une autorisation de sortie du territoire au brave Eloi Anguimaté et deux semaines après il se retrouva sans portefeuille ministériel.

Ah le Centrafrique pays de tous les paradoxes.

Cette levée de sanctions permettra au Centrafrique selon Georgette Koyt "de percevoir  une modeste somme de 32 000 dollars environ. L’UNESCO versera ce montant au bureau multisectoriel de Yaoundé au Cameroun et se chargera de financer plusieurs projets dans le secteur de l'éducation en Centrafrique."

Assidue aux débats et conférences, Georgette Koyt assistera à un débat organisé par les Etats-unis sur le thème "la violence, fait son entrée dans les écoles".

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Georgette Koyt - salle I  @centrafriqueledefi - novembre 2015

Elle souligne que la génération d’écoliers et d’étudiants sous le régime de François Bozizé avait entre 3 et 5 années de retard en raison d'instabilité.  Avec le régime de transition  de Catherine Samba–Panza, il y a une nouvelle génération de sacrifiée et s’accorde à dire "Le successeur de Samba-Panza devra avoir une vision minimum à 25 ans".  A suivre...

Le 4 novembre 2015