Communiqué de l'USYPAC

L’USYPAC dénonce un jugement inique contre le journaliste Ferdinand Samba en république Centrafricaine

L’Union des syndicats des professionnels de la presse d’Afrique centrale, -USYPAC-, réseau des journalistes de l’espace CEEAC, dénonce le jugement inique prononcé par le tribunal de grande instance - TGI-  de Bangui contre le journaliste Ferdinand Samba, directeur de publication du périodique "Le Démocrate".

Le 25 janvier 2012, en effet,  le tribunal de grande instance de Bangui, siégeant en matière correctionnelle, a condamné  le journaliste à 10  mois d'emprisonnement ferme  et au paiement  de 10 millions de Fcfa soit 15.267 euros de dommages et intérêts. Le tribunal a par ailleurs décidé la fermeture immédiate de son journal pour une durée d'un an. Ce jugement fait suite au procès en diffamation intenté par le ministre d’état aux finances, le colonel Sylvain Ndoutingai, contre le journaliste et le quotidien "Le Démocrate". Le journaliste a aussitôt été arrêté et emprisonné à Bangui.

"Ce jugement rendu dans une affaire de délit de presse, est un déni de justice qui n’honore ni le gouvernement du président François Bozizé ni l’institution cours et tribunaux de Centrafrique. Car la RCA ne se développera pas par le musellement de la presse indépendante et la mort programmée des médias qui ne sont pas de son obédience. Cette triple et injustifiable condamnation est une preuve que la justice centrafricaine n’est pas indépendante du pouvoir exécutif et que cette sentence a été prononcée pour plaire au ministre et décourager le journalisme d’investigation". 

Bureau du président : Avenue Comité Urbain No33, Kinshasa- Gombe, RDC

Courriel : snkundiye@yahoo.fr; Tél. +243 994 999 313

De ce qui précède, l’USYPAC estime que la sentence est disproportionnée par rapport aux faits, Ferdinand Samba n’étant pas tout de même un criminel. L’organisation sous régionale en appelle donc à  une révision de ce procès pour qu’il soit juste et équitable. Nous appelons également le gouvernement centrafricain  au respect des droits des journalistes et à la décriminalisation des délits de presse. Nous invitons enfin les cours et tribunaux à dire le droit, à ne pas privilégier la loi du plus fort et à mettre un terme à  une justice à  deux vitesses en RCA.

Fait à Kinshasa, le 14 février 2012, pour le bureau exécutif,

Stanis Nkundiye Angalikiyana