La fin d'un système de violence - le président Djotodia gravé au collège de France

La fin d'un système de violence  - le président Djotodia gravé au collège de France  - Qui est Nicolas Tiangaye - Géopolitique

Par Nestor Adoum Issa

Centrafrique ! C'est le trentenaire calvaire d'un peuple on ne peut plus en proie à une série de régimes d'excès, souvent funestes par le même mode opératoire. Seulement veut-on toujours omettre que vivre sans ouverture, en prête son flanc à des agressions extérieures. Ainsi d'une tragique fin de règne à l'autre, le dialogue politique est remis. Grand classique ou canal historique, ce dialogue de façade ou dialogue de trop, offre l'opportunité au nouvel agresseur dit l'homme fort, de lister de manière millimétrée insoupçonnée et subséquemment classifiée de gens de tribus. C'est la loi de substitution à dessein, un tropisme des rênes d'État. Cette factice classe encline à la déviance sociale collective d'aspect, aura l'outrecuidance de s'installer dans la durée « sésame ouvre-toi » à la clé, et le jeu est joué.

Égoïsme ou crise d'identité ! Le fait de se définir par ce qu’on n’est pas, qui exclut l'autre, et à échelle une exclusion absolutiste immuable qui traduit le paradigme d'ethnocentrisme, causes profondes des récurrentes crises dans notre pays. Il s'en suit comme il convient, le tripatouillage des genres fortissimo un suffrage tronqué dont la légitimité au pouvoir se veut une vertu en soi, tant une démocratie qui se mesure par la seule présence ou une arrivée démocratiquement aux Affaires. De facto le nouveau dictateur va incarner ses propres pensées par cette approche eucharistique de la Trinité (Père, Fils et St Esprit) consubstantiellement en (Père de la nation, la Nation même et le mode opératoire) ainsi soit-il. Drame de pensée, c'est la mystification du pouvoir, bon gré mal gré, la fin justifie les moyens, tous les cultes y sont associés, afin d'atteindre la perfection.

La perfection c'est le cénacle, ce cercle dit présidentiel fait d'individus malfaisants, pervers et d'une ruse démoniaque qui, pendant le conciliabule, reçoit autour du président la descente du St Esprit. Ils jettent leur dévolu sur le président lui-même astreint à l'autisme. Toute décision ou toute action prise ou menée par ce dernier, subit leur volonté.

A l'évidence on ne laisse pas le contre-pouvoir s'exprimer, c'est à dire condamner au bannissement la pluralité des ordres de légitimités facteur de stabilisation; en lieu et place, la culture du clivage ethno-légitimiste comme référence qui ne présente pas de certitudes absolues. Mais la terreur est le moyen par l'entremise d'un corps de police politique de proximité machiavélique, les miliciens pour contrer les mutations en l'esprit du temps des modernités. L'étrange recrue d'intrépides gardiens du sanctuaire font manger d'emblée leurs képis aux généraux eux-mêmes tétanisés. Et à tout casser, c'est le voyage au bout de l'enfer ! Hormis les gens de tribus outrageusement privilégiés, ce pouvoir va infliger au reste des existences individuelles recluses à l'indigence la soumission complète au règne d'un groupuscule, parce que « on y est, c'est notre tour » basta. Le Texte suprême est botté en touche. Tous les capitaux, par enrichissement personnel, défilent vaille que vaille auprès des banques hors du pays, sachant pertinemment que le gouvernement ne crée pas d'emplois, ce sont les entreprises qui le font (une société dépourvue de banque réelle d’investissements). A-t-on le droit de jouer avec des vies humaines de façon aussi péremptoire, frénétique et sans prescience ?

Nom de Dieu ! Je ne veux pas incriminer le sens humain. Mais s'y mettre comme le violeur sous pulsion sexuelle qui passe à l'acte et tue avant de le réaliser, ces malfrats ne sont pas loin de voleurs de bas étage dignes ouvriers d'industrie – que cette vendetta d'une autre époque.

Puis, coup de théâtre et stupeur ! Dès la fuite du Chef, odieux personnages que ces ministres opérettes qui, la veille encore conduisaient des opérations devant aboutir à un troisième mandat anticonstitutionnel, vont avoir du culot par de basses messes pour piquer un poste gouvernemental parce que « pas de chasse aux sorcières », terme qui n'a rien d'une cause première si ça n'est une subtilité dépréciative. Mais enfin, de qui se moque-t-on, ou prennent-ils les nouveaux dirigeants pour des gogos ? Dans ce cas qu'est ce qui justifie la rébellion ? Et comme on n'en a jamais assez, va-t-on noter d'un ton évocatoire, d'autres termes comme RECONCILATION-PAIX ! Par rapport à quoi ? Le pays est-il déchiré par une guerre civile ! Non ! On ne joue pas à cache-cache, il n'y a pas matière à débat. On veut surfer sur une assise des circonstances typées pour occulter les tares du système même dont les dirigeants ont toujours éprouvé de la répulsion contre les populations. Si des individus sont responsables d'avoir enfreint la loi, il est légitime de les punir. Ce sentiment d'impunité doit disparaître de la surface. Il n'y a chasse aux sorcières ici. Il arrive même pour calmer des mécontents, des Chefs d'État dans leur sérail offrent quelques têtes en pâture. Sous Paul BIA ou IDRISS DEBI des ministres se sont retrouvés en maison carcérale pour vol ou enrichissement personnel illicite. Le Président Sénégalais qui vient d'arriver est en train de faire le ménage. C'est exemplaire et nécessaire.

Ce qui se passe en ce moment s'agissant de pillage, casse ou viol, cet état de fait existe malheureusement dans tous les pays au monde. Il est l'émanation des égoïsmes du politique – classe politique. Voyons ! le soleil luit sur tout le monde. Chacun a droit aux choses que la nature a accordées à tous. Toute société est appelée à se reproduire au sens socio-dynamique du terme, c'est à dire l'aspiration vers un monde meilleur. Dès lors que des hommes se voient longtemps privés par une minorité, le paroxysme touché, la digue cède à l'immense poids et l'énorme vitesse des vagues contenues. En face de soi, un être qui s'est vu une bonne partie de sa vie détruite d'extrême pauvreté, pompé de haine et de vengeance – qui n'a que la forme humaine, l'âme vendue, un fantôme égaré qui ne vous laisse aucune chance, ou c'est lui ou c'est vous. Voilà le retour de bâton. Ce qui est regrettable, lorsque l'arbre est foudroyé, c'est avec tout l'abri qu'il offre, dit un proverbe de DEKOI région centrafricaine. Il y a eu des familles éprouvées, je compatis. J'espère que ceux qui ont proprement acquis leurs biens enlevés, leur cas sera examiné. Tout ce drame lié au baptême de feu d'un pouvoir forcé mais accepté par le peuple victime malgré tout, passera une fois pour toute.

La transition

La spécificité de cette institution transitoire c'est pain bénit, du sacré. C'est la passe décisive qui aura délivré le pays à jamais et à plus jamais de trente ans de traque historique du sort, entretenu par le politique. Nous devons tous comprendre et placer cette transition pas comme les autres, sous le signe d'exemplarité. Cela dépendra de la manière de procéder, par exemple à une gestion de ressources humaine équitables hors caractère aux connotations ou consonances. Au même titre une Armée de légalité construite sur des bases inter-régionales. Une Inspection Générale ou un Haut-Commissariat chargé de vérifier les nominations pour éviter des cas d'abus.

Si la transition nous sort un mode de gestion qui repose sur la conviction, le volontarisme, la rigueur et surtout la discipline et les sanctions, l'exemple s'emparera spontanément du Président élu sans dérapage. Surtout que les médias aujourd'hui sont très actifs. Il est légitime que tout homme est issu d'un groupe social ce qui parfois crée une densité électorale à un élu mais il n'en est absolument redevable. David DACKO est la parfaite illustration. Bref cette pédagogie nationale est l'ancrage de l'éthique gouvernementale et sert de loi d'encadrement.

Enfin le rôle de l'équipe de transition ne doit se limiter outre la confection du Texte suprême qu'à la seule organisation des élections. Une plate-forme consensuelle programmatique la mettra au diapason et donc se lancer dans l'orientation de l'économie. C'est au vu d'un effort que les observateurs ou les objecteurs de conscience dans la communauté financière internationale ne verront sans réagir, des dirigeants qui tentent de sortir leur pays longtemps englouti dans des souffrances extrême avec le quotidien d'un peuple anxiogène.

Le Président DJOTODIA gravé au collège de France.

C'est de sa chaire alors qu'elle entretenait son auditoire du déséquilibre planétaire que madame DOMINIQUE au collège de France va dire « Le Président DJOTODIA venait de déclarer que c'est la misère qui conduit les guerres. Voilà justement chers collègues, le titre cherché pour guider nos travaux ». J'en veux pour faire de cette citation d'une pierre deux coups: d'abord inviter le Président à mesurer combien, d'entrée de jeu il aura marqué de son empreinte une Institution pas comme les autres, La Maison de la Connaissance, c'est l'histoire. Monsieur le Président, je ne dirais pas que c'est BOZIZE et ses conseillers dominants que vous avez déplacés. Ce sont les masses au camp des misérables que vous avez déplacés du secteur déficient. Car un acte n'a de valeur morale que lors qu'il posé par devoir. Monsieur DJOTODIA malgré toutes ses endurances, accepte la portion du temps imparti.

Nicolas TIANGAYE est face à son destin.

On ne le présente pas, la communauté internationale intéressée, l'apprécie à l'unanimité. On se rappellera seulement l'époque où la jeunesse estudiantine et autres allaient l'emmener de force pour l'installer au palais. Est-ce un signe du destin ! Voilà un homme politique non seulement, décline des hautes charges d'Etat avec tous les avantages, mais va refuser en tant que chef de sa formation politique de se mêler à une mascarade électorale. Aujourd'hui encore à l'appel du Devoir qui ne l'autorise pas à se porter candidat à la prochaine élection présidentielle, il a préféré prendre ses responsabilités devant une situation dont tout le monde mesure les risques. A chacun d'apprécier. (Je choquerais plus d'un: les 24 mois à mon sens sont courts, j'aurais préféré 36 raisonnable)

Géopolitique

On a beau critiquer ou accepter les rapports des Puissances et leurs anciennes colonies qu'on croyait limités à de simples accords de coopération depuis la chute du mur qui polarisait les grandes idéologies. La mondialisation qui prétendait des refontes a montré ses limites d'autant plus que les perspectives coloniales depuis 1945 dans les Constantes et Variables sont toujours d'actualité. On ne fait pas de dessin.

Autour de nous le Soudan, le Tchad, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale, l'Angola que sais-je, tous ces pays voient jaillir l'or noir. Qu'est ce qui se passe ! Je ne veux pas insinuer quoi que ce soit. Tout simplement une diplomatie raisonnable n'est pas une offense.

Monsieur le Président,

Monsieur le Premier Ministre,

Il m'est venu à l'idée de vous proposer des personnalités de haut rang habilitées à mener des missions sensibles parce qu'ils sont assez connus et en ont l'expérience sur le plan extérieur.

KARIM MECKASSOUA

Jean Jacques DEMAFOUTH

POUZERE

ZARAMBAULT

Voilà un Collège de Hauts Fonctionnaires avec rang et prérogatives (...)