L'ONU recommande des sanctions ciblées en Centrafrique

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Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU

Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU a recommandé au conseil de sécurité de prendre  des sanctions contre des éléments de la coalition Séléka, responsables d'exactions en Centrafrique. Dans un rapport qui doit être examiné mercredi 14 aout 2013 par le conseil, Ban Ki-moon estime "inadmissible (...) l'absence totale d'état de droit" dans le pays depuis la prise de pouvoir par l'ancienne coalition rebelle le dimanche 24 mars 2013

Ban Ki- moon a déclaré "J'invite le conseil de sécurité à envisager les options appropriées, y compris l'adoption de sanctions ou la mise en place d'un comité d'experts, afin de garantir qu'il n'y ait pas d'impunité pour les responsables de violations flagrantes de droits de l'homme" en ajoutant "rétablir la paix et la sécurité à Bangui et dans tout le pays est une priorité" et la communauté internationale "doit s'en préoccuper d'urgence".

Le rapport précise "un nombre croissant d'exactions et d'incidents attribués à des éléments incontrôlés de la Séléka": pillages, cambriolages, agressions sexuelles, "meurtres ciblés" et enrôlement d'enfants soldats. La situation est particulièrement chaotique en province "où des éléments de la Séléka continuent de rançonner la population civile" et de "semer le chaos sans que leur hiérarchie n'intervienne".

De plus le rapport fustige "l'impunité dont bénéficient largement les responsables de violences" et déplore "l'absence d'autorité judiciaire en dehors de Bangui". "La situation humanitaire n'a cessé de se détériorer depuis décembre 2012" et l'insécurité "demeure le principal obstacle à la fourniture d'aide humanitaire", à la lecture du rapport.

Actuellement ce sont plus de 1,5 millions de personnes qui ont un besoin urgent d'assistance et près de 12 500 enfants souffrant déjà de "malnutrition aigüe". La crise a déplacé 206 000 personnes en Centrafrique et 60 000 autres ont dû fuirent notamment au  Cameroun et plus de 40 000 en république démocratique du Congo.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon indique "des divisions croissantes au sein de la Séléka" et "la méfiance persistante" entre le premier ministre, Nicolas Tiangaye, et le nouvel homme fort du pays, Michel Djotodja. "Je demande au premier ministre et à M. Djotodja de travailler ensemble à surmonter d'urgence leurs divergences", précise avec insistance Ban Ki-moon.

Il recommande au Conseil de "soutenir pleinement" la nouvelle mission internationale de soutien à la Centrafrique – MISCA- , une force de près de 3 600 hommes sous l'égide de l'Union africaine chargée d'apporter son aide au  gouvernement du Centrafrique à sécuriser l’ensemble de son territoire.  Au début d’aout 2013  la MISCA a pris le relais de la force multinationale de l'Afrique centrale –FOMAC-