3e forum de l'action internationale des collectivités

Les collectivités françaises se sont rassemblées pour le 3e forum de l’action internationale des collectivités, les 2 et 3 juillet 2012 avec  près de 2 000 acteurs de la coopération décentralisée de France ainsi que des différents partenaires étrangers, venus notamment d’Afrique : Bénin, Centrafrique, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Madagascar, Sénégal, Togo, mais également d’autres continents avec pour objectif le renforcement des différents réseaux et d’apporter une visibilité et une valorisation du savoir faires des collectivités à l’international. A souligner également la participation des représentants de l’état, de grandes institutions comme l’agence française de développement –AFD-, plusieurs fédérations d’élus locaux, ainsi que le monde associatif et les entreprises de réseau concernées par le développement local.

14  conférences géopolitiques et thématiques étaient au programme de ces deux jours comme :

- la séance plénière consacrée aux questions urbaines dans l’action internationale des collectivités territoriales ;

- les collectivités locales dans la politique de développement de l’Union européenne : quels enjeux pour 2014-2020 ?

- associations – collectivités territoriales : du dialogue au partenariat ;

- collectivités de taille modeste, quels freins à l’engagement dans la coopération décentralisée ;

- relancer la coopération décentralisée avec la Côte d’Ivoire ;

- été 2011 – 2012, un an d’élections au Maghreb …

Différents intervenants émanant des secteurs publics et privés, ainsi que des élus animaient ces conférences.

Par exemple le Gabon a un partenariat avec la commune de Courcouronnes dans le département de l’Essonne dans la région Ile de France. Paul Biyoghé Mba, député du district d’Ikoy Tsini devait intervenir mais a dû repartir précipitamment en raison de sa nomination au poste de président du conseil économique et social et environnement du Gabon. Le professeur d’université Flavien Kellela est intervenu évoquant notamment la saturation de la déchèterie de la capitale Libreville.  Avec un budget annuel de l’ordre de 16 milliards de Fcfa en 2011, ce sont près de 2 milliards de Fcfa qui ont été consacré à la gestion des déchets.

Klalifa Ababacar Sall, maire de Dakar, capitale du Sénégal est intervenu sur les questions urbaines dans l’action internationale des collectivités territoriales

Nazaire Guenefe Yalanfa maire de Bangui à Paris

La mairie de Bangui, capitale du Centrafrique est en lien étroit avec la mairie de Tourcoing. A souligner que Tourcoing abrite depuis peu l’école nationale des douanes et à ce titre plusieurs centrafricains viennent y suivre une formation mais les relations entre les deux villes remontent à 1961. De plus Tourcoing possède des usines de textiles et le Centrafrique des plantations de coton. D’après le maire de Bangui, "le Centrafrique à produit en 2011 environ 15 000 tonnes de coton".

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Nazaire Guenefe Yalanga, maire de Bangui

Du haut de son 1 m 80, la silhouette élancée, à l’aube de la cinquantaine, le regard malicieux, toujours souriant, Nazaire Guenefe Valangaq assistai à ce forum accompagné de Théodore Bikko chargé de mission auprès du ministère de l'administration du territoire du Centrafrique. Pour mémoire Théorodre Bikko a occupé notamment  la fonction de  ministre de l’intérieur sous feu le président Ange Félix Patassé. Entre deux conférence, Nazaire Guenefe Yalanga s'est rendu à l'association des maires de France - AMF. 

Après un passage en république démocratique du Congo – RDC- et au Congo Brazzaville comme gestionnaire comptable, Nazaire Guenefe Yalanga, de retour en Centrafrique en 2007 assure la comptabilité de la municipalité. Après avoir pris attache avec la Guinée Equatoriale, il souhaite partir à Malabo, mais le président François Bozizé, lui propose d’assurer la fonction de maire de Bangui. Nazaire Guenefe Valangaq peut-il refuser au  président ? De plus les deux hommes sont originaires de la même région, cela créer des liens….

Le maire précise "que le budget global annuel de la municipalité de Bangui est de l’ordre de 8 milliards de Fcfa en comprenant le financement des partenaires. 6 milliards de Fcfa venant directement des partenaires. A ce jour Bangui compte près 1 millions d’habitants."

Le maire Nazaire Guenefe Yalanga souligne qu’il étudie un projet d'installation de lampadaire solaire. Bien que cela ne relève pas de sa compétence il déplore le manque d’investisseurs étrangers et le manque de touristes. Selon lui "il y aurait moins de 1 000 touristes par an"

La Libye avait investi sous le régime de feu le colonel Mouammar Kadhafi, dans la réalisation et conception d’un hôtel  haut de gamme doté d’une capacité de 300 chambres avec une salle de réunion amovible en trois permettant d’accueillir des colloques internationaux. Malheureusement les rencontres internationales se font rares…

 Coopération décentralisée

La coopération de collectivités locales à collectivités locales, tisse des liens entre les territoires et les hommes. Parce qu’elle mêle action locale et internationale, elle s’impose de plus en plus comme une politique publique légitime et nécessaire à la vie des collectivités. Portée par des élu(e)s qui ont choisi d’inscrire leurs politiques publiques dans une démarche de solidarité, de durée et de réciprocité, la coopération décentralisée française vise à jouer un rôle de moins en moins symbolique. Le rôle des collectivités territoriales dans la solidarité internationale, le développement et dans la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement –OMD- est aujourd’hui largement reconnu.

La coopération décentralisée aborde toutes les grandes questions internationales qu’il s’agisse de la décentralisation et de la démocratisation au sud, du développement, de la question urbaine, des crises humanitaires ou encore de l’immigration…Les champs de son action ne cessent de s’élargir et de se diversifier. Aux côtés de l’aide humanitaire, de l’aide "projets", l’aide "programme", de nouvelles formes d’action internationale apparaissent, confortées par l’existence de nombreux réseaux de pouvoirs locaux, géographiques ou thématiques.

L’action internationale d’une collectivité participe à la mise en mouvement du territoire en favorisant l’implication active de toutes les catégories d’habitants, y compris les populations issues de l’immigration, à la vie de la collectivité, le décloisonnement des milieux et les rencontres entre politiques, professionnels, acteurs économiques, associatifs ou universitaires. En donnant lieu à de nombreuses manifestations et événements notamment culturels, elle fédère la population, crée un sentiment d’appartenance et contribue au rayonnement national et international de la collectivité.

Historique

Le phénomène de la coopération décentralisée a débuté en Europe et particulièrement dans la France de l’après-guerre.

Il connaît aujourd’hui une évolution rapide à la fois quantitative et qualitative, évolution liée essentiellement aux progrès de la décentralisation.

La coopération décentralisée selon le modèle français et qui se retrouve un peu partout dans le monde est d’abord une affaire de politiques. Née avec les jumelages interalliés puis franco-allemands, elle s’est poursuivie pendant la guerre froide en direction des collectivités de l’Est puis elle a accompagné la construction de l’Europe.

La paix et l’amitié entre les peuples alimentaient largement la rhétorique de l’époque.

Dans les années 70, les grandes sécheresses du Sahel, sur fond de décolonisation, ont vu naître dans la société française un vaste élan de solidarité porté par le monde associatif, syndical ou confessionnel. Rapidement des communes, souvent rurales, sollicitées par ces mouvements, ont élaboré une nouvelle forme de coopération décentralisée axée sur la solidarité et le développement. Elle est en évolution constante passant de l’aide humanitaire au financement des projets puis à la planification commune

Quelques chiffres

  • 4 800 collectivités françaises
  • 9700 partenaires locaux et régionaux dans 139 pays
  • Plus de 12 000 projets de coopération décentralisée

Source : Ministère des affaires étrangères et européennes de la France , 2011

En bref….

La coopération décentralisée c’est la possibilité, pour une collectivité locale, de lier des partenariats avec des collectivités étrangères et de pouvoir y financer des projets dès lors qu’il y a signature d’une convention et respect des engagements internationaux de la France.

La coopération décentralisée

A l’heure actuelle, la coopération décentralisée est multiforme, faisant cohabiter le jumelage traditionnel aux actions généralistes et stables avec les coalitions de collectivités territoriales d’Europe pour travailler en commun sur des objectifs très techniques avec leurs homologues du Sud. Les collectivités territoriales créent des réseau multinationaux thématiques, fonds mutualisés et conventionnent avec les agences onusiennes. Ceci est facilité en France par une législation particulièrement libérale, mais peu ou prou, les collectivités européennes participent à ce mouvement.