ONU : Mise en place d'une commission d’enquête sur les exactions en Centrafrique

nationsunies-4.gifBan Ki-moon, secrétaire général de l'INU  a nommé, mercredi 22 janvier 2014, les membres d'une commission internationale d'enquête sur les violations des droits de l'homme commises en Centrafrique. Conformément à une résolution adoptée le 5 décembre 2013 par le conseil de sécurité des Nations unies, cette commission sera chargée durant une période initiale d'une année de conduire une enquête sur les exactions en Centrafrique depuis le 1er janvier 2013, et de repérer, poursuivre et traquer les responsables. Ban Ki-moon devra faire connaître les conclusions des enquêteurs  en juin 2015.

D'après  l'ONU, la commission sera composée d'un secrétariat et de 3 experts dans le secteur des droits de l'homme :

  • Jorge Castaneda,ancien ministre des affaires étrangères du Mexique,
  • Fatimata M'Baye, avocate en Mauritanie et vice-présidente de la Fédération internationale des droits de l'homme,
  • Bernard Acho Muna, avocat à la Cour suprême du Cameroun et ancien vice procureur auprès du tribunal pénal international - TPI pour le Rwanda. 

 

Depuis le 24 mars 2013, le Centrafrique est plongé dans le chaos. De très nombreuses violations des droits de l'homme ont été commises par d'ancines combattants de la Séléka, et par les milices chrétiennes "anti-balaka" qui les combattent, conduisant à des déplacements massifs de population. Près d'un million de personnes ont fui leurs foyers depuis mars 2013. Ce sont plus de 2,5 millions de personnes, soit la moitié de la populatio du Centrafrique ont besoin d'aide humanitaire.

" Je suis choqué par l'intensité de la haine entre les communautés musulmane et chrétienne. Les incitations à commettre des violences sur une base religieuse ou ethnique et les attaques délibérées et ciblées contre les civils (...) indiquent un haut risque à la fois de crimes contre l'humanité et de génocide ", a estimé Adama Dieng, conseiller spécial de l'ONU pour la prévention du génocide, mercredi 22 janvier 2014 .

Il a appelé à mettre un terme à la "culture de l'impunité" qui prévaut dans en Centrafrique et à promouvoir le dialogue entre chrétiens et musulmans. Catherine Samba-Panza, présidente de la transition en Centrafrique depuis le 20 janvier 2014 à lancé un vibrant appel aux miliciens chrétiens et combattants musulmans à déposer les armes pour faire "cesser la souffrance des populations".

Catherine samba panza

Catherine Samba-Panza, présidente de la transition du Centrafrique élue le 20  janvier 2014

Mme Leila Zerrougui, représentante spéciale de l'ONU pour les enfats et conflits armés a estimé à 6 000 le nombre d'enfants soldats en Centrafrique. Mme Zainab Hawa Bangura, réprésentante spéciale sur les violences sexuelles dans les conflits, a de son côté recensé 4 530 cas de violence sexuelle "perpétrée par des hommes armés soupçonnés d'être des anciens de la Seleka" à Bangui, capitale du Centrafrique et dans plusieurs villes de province  comme à Bossembélé, Damara, Mbaiki, Sibut entre janvier et novembre 2013.