Patrick Balkany, député maire UMP de Levallois- Perret dans les Hauts de Seine en France, s'explique sur son rôle en Afrique

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Le député - maire Patrick Balkany 

Etiez-vous à Bangui, au printemps 2008, dans le cadre de négociations entre AREVA et le gouvernement centrafricain?

Patrick Balkany -PB-: Oui. J’effectuais mon travail de parlementaire, membre de la commission des affaires étrangères, c’est-à-dire l’entretien de relations amicales avec d’autres pays, et notamment ceux d’Afrique où les grandes sociétés nationales ont des intérêts.Parce que le problème, c’est que François Bozizé ne voulait pas recevoir les gens d’Areva! J’ai dû passer une journée là-bas, je ne suis même pas sûr d’y avoir passé la nuit.

Pourquoi ce blocage entre AREVA et l’état du Centrafrique ?

PB : AREVA avait seulement oublié une chose en rachetant UraMin! La licence d’exploitation de Bakouma, qui stipulait qu’en cas de cession l’autorisation du ministère des Mines centrafricain était obligatoire. Les gens d’AREVA sont arrivés en pays conquis et les autorités centrafricaines ont été très vexées. La France se retrouvait avec une exploitation dont elle risquait de se faire dessaisir pour non-respect du contrat. Tout ce que j’ai fait, c’est faire en sorte que les deux parties puissent se rencontrer et parler.

Un proche du président Bozizé affirme pourtant vous avoir rencontré lors de ces négociations ?

PB : Sans doute m’a-t-il rencontré lors du déjeuner avec le président. Quand on vous reçoit là-bas, on ne vous accueille pas entre deux portes. Donc Bozizé réunit son cabinet, ses ministres, et on fait un repas amical.

François Bozizé vous a forcément parlé d’AREVA. Qu’avez-vous dit ?

PB : Je lui ai dit qu’il n’avait aucun intérêt à être en conflit avec une société nationale française. Bozizé sait qu’il a besoin de notre pays et je crois que je suis dans mon rôle quand je lui dis ça.

Au final, le gouvernement centrafricain obtient 30,5 M€ et 12% des bénéfices de la future production de Bakouma…

PB : Tant mieux pour la Centrafrique et pour la France! Mais je n’ai eu aucun rôle, je ne suis ni cadre chez Areva ni mandaté par le gouvernement pour m’occuper d’Areva.

Est-ce vrai que George Forrest, un homme d’affaires belge, a servi de facilitateur lors des négociations ?

PB : Oui, j’étais avec lui à Bangui. AREVA, qui avait besoin d’aide, l’avait trouvé car les mines, c’est son métier. Forrest m’a demandé de l’accompagner parce que je connais très bien Bozizé. Forrest est effectivement intervenu officiellement dans les négociations, comme "facilitateur". Moi, je le répète, je suis resté totalement extérieur à tout ça

Avez-vous joué le rôle d’émissaire officieux du président en Afrique ?

 PB : Jamais! Il y a à l’Elysée des diplomates du Quai d’Orsay chargés des relations officielles de la France. Il m’arrive de me déplacer en Afrique, mais ce sont des visites de courtoisie, pas de la diplomatie parallèle.   L.P