HMD : un parcours vivifiant pour en finir avec la fatalité centrafricaine

Par Guy-José Kossa

Il y a à peine quelques années, rien ne prédisposait ce jeune centrafricain père de 3 enfants et aujourd’hui âgé de 48 ans, à prendre la tête du Fonds de Garantie et de Coopération Economique –FAGACE- sis à Cotonou au Bénin, pour redresser l’institution victime d’une mauvaise gouvernance d’entreprise. C’était dans un premier temps pour assurer à partir de fin 2009 jusqu’en 2011, l’intérim de son prédécesseur révoqué.

A l’issue de cette période "probatoire" dont les résultats furent satisfaisants mais surtout compte tenu du programme ambitieux de redressement mis en place par Henri-Marie Dondra, les administrateurs du Fonds ont alors décidé, à l’unanimité, de lui accorder leur confiance pour un mandat normal de 4 ans, allant du début janvier 2011, à fin décembre 2015.

Réuni ce 3 juin 2015 à Cotonou, le Conseil des Gouverneurs du Fonds, vient sans surprise, de décerner à Henri-Marie Dondra un satisfecit, et approuver le renouvellement de son mandat pour une durée de 4 ans à compter du 1er janvier 2016, après 6 années passées à son poste.

Une lueur éclatante dans le ciel très sombre de son pays la RCA. Et quant à moi, j’ai presque envie de dire : il y’a prolongation de mandat et prolongation de mandat ! Bref.

Si le cas de Monsieur Dondra n’est peut-être pas le seul à retenir parmi un certain nombre de cadres centrafricains de haut niveau évoluant dans les institutions internationales – j’aurais tant aimé me tenir au courant d’autres exemples -, en Centrafrique, la chose paraît si singulière que personnellement j’aurais très, mais alors très mauvaise conscience si je devais me refuser à écrire cette petite chronique pour médiatiser la réussite d’un compatriote.

Que cela déplaise aux "hiboux aux yeux gluants", aux centrafricains anti-centrafricains et aux " centrafricanopessimistes" de tous bords, je dis : haut les cœurs, "en avant c’est devant" !

Ceci dit, il convient de préciser, que le FAGACE est une Institution financière Internationale, spécialisé dans la promotion des investissements publics et privés. Il a pour mission de contribuer au développement économique et social de ses Etats membres pris individuellement ou collectivement, en participant au financement ou en facilitant la réalisation de leurs projets d’investissement. Sous la direction de Henri-Marie Dondra, de nombreuses avancées sont à souligner, aussi bien sur les plans institutionnel et opérationnel, que sur le plan de la coopération avec les bailleurs, les pays membres ou désireux de s’intégrer au FAGACE. Par ailleurs, avec l’adoption et la mise en place du plan stratégique de développement de l’Institution en 2012 basé sur un style nouveau de management, tout laisse croire que dans les plus prochaines années, les activités du Fonds prendront d’autres dimensions. Ainsi le FAGACE dont la contribution est loin d’être négligeable, continuera de contribuer de plus en plus efficacement à l’émergence des Etats membres.

A notre cher compatriote, je dis "vale" ! Sois fort et bon vent !

Mais ce ne sera pas tout. Monsieur Henri-Marie Dondra est centrafricain fils de Centrafrique. A ce titre et auréolé de son parcours exemplaire, des centrafricains lui poseront sans se lasser des questions centrafricaines à laquelle il devra à chaque fois répondre en centrafricain. Par exemple celles-ci :

Monsieur le Directeur général, qu’avez-vous fait pour votre pays la République centrafricaine? Il vous répondra peut-être comme il m’a répondu en quelques mots:

Ce n’est pas à moi, cher compatriote, de dresser ici la liste des contributions que j’ai pu apporter à mon modeste niveau et en tant que citoyen et fils de ce pays qui m’a tout donné et à qui je dois tout. Je laisse la charge aux autres de dire ce que j’ai fait ou pas fait ; ce que j’aurais dû ou pu faire et que je n’ai pas fait ; et enfin, ce que les centrafricains attendent que je fasse et que j’essaierai de faire dans la limite de mes possibilités. Je suis jeune et j’estime que l’heure du bilan n’est pas encore arrivée pour moi.

Et si l’on vous demandait de démissionner pour prendre un poste au niveau national ?

Pour moi la question ne se pose pas. Ma disponibilité à servir mon pays ne souffre d’aucune condition.

Mais pourquoi ne posez-vous pas votre candidature pour la prochaine présidentielle ? Vous en avez pourtant le profil !

Je n’exclus rien car mon avenir n’est pas derrière moi, mais je ne suis pas non plus homme à être candidat à tout s’il vous plaît ! Dont acte

A votre tour, si jamais vous aviez d’autres questions à poser à Monsieur Dondra, peut-être pourriez-vous les lui poser directement si vous le croisez, ou alors les lui faire parvenir à son adresse.

Pour ma part, le clair-obscur des réponses de Monsieur le Directeur Général du FAGACE, me semble plus proche du clair que de l’obscur !

Henri-Marie Dondra candidat à la présidentielle ? Pourquoi pas.

Seulement, est-il éligible ou inéligible ? Posez la question dès à présent aux autres.

E kou, E ba !

Guy José Kossa, GJK  l’élève certifié de l’école primaire tropicale et  indigène du village Guitilitimô  - 5 juin 2015