La difficile équation de la présidente Samba--Panza

Par Rodrigue Joseph Prudence Mayte

Confrontée à des querelles intestines, des guerres de clans, des détournements abusifs de deniers publics, des écoutes téléphoniques suspectes des hautes personnalités centrafricaines, la transition de Samba-Panza se laisse aller à vau-l’eau. Tandis que certaines personnalités proches du sérail s’impliquent réellement dans le processus de la normalisation du pays, d’autres se donnent à cœur joie pour contribuer à son embrasement. Noyauté par des pyromanes déguisés en acteur politique de premier plan pour la reconstruction nationale du pays, l’entourage de Samba Panza défraie la chronique dans les médias nationaux ces temps-ci. Si d’un côté la présidente est entourée des rapaces politiques sans scrupules capables de ternir son image, de l’autre côté elle dispose quand même quelques personnalités travailleuses qui représentent la caution morale de son système à l’échelle nationale et internationale. Heureusement, suis-je tenté de dire.

C’est d’ailleurs pourquoi bon nombre d’experts internationaux estiment que la "sambapanzerie" n’est pas seulement constituée des familiers des tempêtes, des artificiers politiques, des pyromanes, mais qu’elle est également composée de pompiers politiques, d’une gente masculine et féminine à poigne…En un mot de toute une pléiade d’individualités rompues. Meme si certains noms autour de Samba-Panza soulève des tollés sans précédent, d’autres tels que Koyara, Samba-Maliavo, Limbio rassurent plutôt l’opinion nationale et internationale. Mais comment sortir le pays de ce dilèmme ? Dame Cathy parviendra t-elle à résoudre cette difficile équation qui conduit inéluctablement son pouvoir dans une zone de turbulence inespérée ? A partir du moment où en politique il n’est jamais trop tard pour bien faire, on peut alors placer la main en visière pour espérer un avenir meilleur.

Le retour d’ascenseur espéré de ces soutiens politiques d’antan

Élue par le CNT suite à un sentiment de désaffection généralisée de la population vis-à-vis de la classe politique centrafricaine, Samba Panza devrait d’une manière ou d’une autre remercier politiquement toutes ces personnalités qui l’avaient aidé à accéder au pouvoir en janvier 2014. Selon certaines indiscrétions, le sieur Gilbert Grezenguet réclamerait à cor et à cri le retour d’ascenseur de la présidente Samba Panza sur le dossier tant décrié du CNOSCA. A ce qu’il parait, le concurrent d’Yvon Kamach serait l’une des premières personnalités centrafricaines qui avait soutenu financièrement, matériellement et techniquement la candidature de Samba-Panza aux élections de la présidence de la transition. Comme le diable se trouve en politique dans les détails, nous ferons alors économie des informations probantes sur l’appui indéfectible de Monsieur Grezenguet à sa belle sœur Samba-Panza. La présidente parviendra t’elle à lui renvoyer l’ascenseur au moment opportun ? Ce passage en force, si jamais il venait à se reproduire, ne risquerait-il pas d’enterrer le CNOSCA sur la scène internationale ? En tout cas, si la présidence échoue cette interférence, elle rejoindra probablement le cimetière imparfait des machins à couiner. Dame Cathy parviendra t-elle à résoudre cette difficile équation? A cela s’ajoute le ménage qu’elle est entrain de faire autour d’elle.

Le ménage tardif mais salutaire de Samba Panza

Comme disait l’autre: "On ne peut marcher sur la queue d’une lionne et s’en aller comme si de rien était sans pour autant subir sa griffure". A vrai dire, cette maxime vaut son pesant d’or en Centrafrique où les coups bas, les crocs-en-jambe, les hameçonnages s’apparentent au mode opératoire du grand banditisme. Vous comprendrez pourquoi la présidente fait un grand ménage autour d’elle ces derniers temps. Ecœurée par le syndrome de trahison qui sévit dans le sérail, Mme Samba-Panza décide alors de procéder à un renouvellement de l’élite au sein de son équipe. On raconte que Dame Cathy est déterminée à se séparer définitivement de ses collaborateurs véreux. Mme Montaigne est l’une des premières personnalités à en faire les frais. D’après les informations qui nous sont parvenues, l’ancienne ministre de la communication crierait au complot suite à son limogeage et s’apprêterait à éclabousser la transition par des révélations tenues secrets jusque là. Ainsi, Madame Montaigne aurait-elle tout à coup eu la langue bien pendue ? Plusieurs têtes risqueront bien fort de tomber dans les prochaines heures car les apartés du pouvoir de Bangui laissent entrevoir que ces indélicats auraient mis en place un vaste système d’écoutes des appels téléphoniques des autorités centrafricaines y compris ceux de la présidente Samba-Panza. Ces personnes tomberont également pour la raison qu’elles produisent souvent de nombreuses fausses factures à longueur de journée pour obtenir le remboursement de leurs dépenses à la volée. Il n’a pas fallu très longtemps pour que la présidente découvre enfin cette machination.

Pour finir, la Centrafrique devra nécessairement transcender ses zizanies pour bloquer la route aux ennemis de la liberté. Avouons que la présidente dispose de plusieurs cartes entre ses mains pour résoudre cette difficile équation. Espérant qu’elle saura utiliser à bon escient les mots contre les maux.

Rodrigue Joseph Prudence Mayte -  chroniqueur et polémiste - 9 juin 2015