Maitre Nicolas Tiangaye proteste et écrit à Roland Marchal

Nicolas Tiangaye

 Avocat à la Cour, ancien Bâtonnier de l’Ordre, ancien Premier ministre

 74, Avenue B. Boganda - BP 2094 Bangui  - Centrafrique

 

                                                                    

                                                                                                                                                                   Bangui, le 9 septembre 2016

Objet : Protestation

                                                                              

                                                        

                                                   A l'attention de  M. Roland Marchal

                                                        (CNRS/Sciences PO Paris) - France

 

Monsieur,

Dans un rapport intitulé "Brève histoire d’une transition singulière. La République centrafricaine de janvier 2014 à mars 2016", que vous aviez présenté le 8 septembre 2016 à l’hôtel Ledger vous écrivez à la page 34 :

"Même la réputation de Nicolas Tiangaye sortait entamée de cette période. Les gens- y compris certains de ses alliés politiques- évoquaient des achats immobiliers à Douala et à Orléans. D’autres rappelaient que si sa demeure à Bangui avait été pillée par la Séléka au début décembre 2013 (mais également par la population ensuite), il avait bénéficié d’un dédommagement très généreux du gouvernement qu’il conduisait encore".

Vos affirmations infondées et diffamatoires relèvent de la mauvaise foi. Déjà en décembre 2013, vous aviez, en portant des attaques personnelles contre moi sur les ondes de Radio France Internationale, déclaré que les Préfets centrafricains qui avaient été nommés se promenaient à Paris alors que ces derniers n’avaient pas les moyens d’aller en villégiature aux bords de la Seine. Le mensonge était grossier.

Au sujet des achats immobiliers de Douala et d’Orléans, il est de notoriété publique que les biens auxquels vous faites allusion dans ces 2 villes ont été acquis depuis plus de 15 ans. Je totalise 33 ans d’exercice de la profession d’avocat dont je suis actuellement le Doyen au sein du Barreau centrafricain. Je n’ai pas attendu d’être Premier Ministre pour avoir un logement.

S’agissant du "dédommagement très généreux" dont j’aurais bénéficié du gouvernement que je dirigeais, j’autorise le "chercheur" que vous êtes à rendre publics les documents attestant de la véracité de vos allégations. Il y va de votre crédibilité.

Si le citoyen centrafricain que je suis vous est redevable de vos efforts pour rendre plus compréhensible la crise centrafricaine dans la perspective de sa résolution, je reste sceptique sur votre probité intellectuelle.

Je regrette en outre que drapé dans vos certitudes de "spécialiste de l’Afrique Centrale", vous quittiez le champ de l’investigation scientifique pour régler des comptes personnels. La raison est simple : vous êtes instrumentalisé par des adversaires politiques bien connus pour nuire. Dès lors, vous n’êtes plus dans la recherche.

Je connais de vrais spécialistes des sciences sociales que je respecte pour leur rigueur scientifique, leur objectivité et la distanciation épistémologique qu’ils s’imposent dans l’analyse des faits sociaux et politiques complexes.

Votre démarche est intellectuellement malhonnête et moralement abjecte.

Par ce que vous avez délibérément opté pour un subjectivisme débridé et puéril, et à défaut d’imprimer une quelconque autorité scientifique à vos élucubrations tropicales dont vous êtes dorénavant le spécialiste autoproclamé, vous avez désormais la triste réputation d’être un propagateur patenté de mensonges, un vulgaire colporteur de ragots et un fouineur nocturne de poubelles en service commandé.

Recevez Monsieur, mes meilleures salutations.

Ampliations :

Invités à la présentation du rapport

        Me Nicolas Tiangaye

Ob 3cc30a signature tiangaye marchal