Michel Amine, remobilise ses militants et potentiels électeurs

Par Rodrigue Joseph Prudence Mayte

Traqué par le pouvoir de Bangui, filé par les barbouzes, séquestré par ses affidés, jugé sur la base d’un tricot de mensonge concocté depuis le cabinet noir du ministère de l’intérieur, Michel Amine endosse depuis lors l’absurde costume d’un condamné à six  mois de prison avec sursis. Malgré ses démêlés savamment orchestrés avec la justice, le président de l’UNDP continue de porter ostensiblement la tunique d’un futur présidentiable. Aujourd’hui, il part à la reconquête de ses militants et potentiels électeurs dans l’hexagone et partout ailleurs mais sa candidature risque d’avoir du plomb dans l’aile pour plusieurs raisons. Suivez notre regard, vous comprendrez mieux pourquoi Michel Amine fait salle comble contre lui en ce moment au sein de la politicaillerie centrafricaine.

Michel Amine, un candidat qui bouscule les lignes en Centrafrique

L’avènement de Michel Amine dans le paysage politique centrafricain a mis en difficulté  toutes les personnalités qui souhaiteraient accéder au palais de la Renaissance. De nombreux personnages politiques s’indignaient même de sa saga politique. Ses idées novatrices, sa fraîcheur politique et son argent agaçaient ses concurrents au plus haut point. C’est d’ailleurs à ce titre que nous avions publié le 7 avril 2015 un article titré : L'argent de Michel Amine fait débat. Les écarts de conduite de la politicaillerie centrafricaine vis-à-vis de Michel Amine se résument par l’extrait suivant de cet article :"A chaque fois que le président de l’UNDP Michel Amine pose ses valises en Centrafrique, l’on constate immédiatement une poussée d’adrénaline dans la capitale Bangui. Presque tout le monde parle sans cesse de son argent et de ses dépenses à la volée.
Il distribue des sommes faramineuses aux groupes de danses folkloriques, aux musiciens, à certaines équipes de football, et aux professionnels de médias qu’il aime bien encenser.
Aussi, il n’hésite pas à débaucher les ténors des autres partis à coups de grosses coupures de billets de banque. L’on raconte même que le Vice président sortant de son parti fut un des membres fondateurs de l’URCA. Une chose est sûre, grâce à sa stratégie de débauchage, environ 98 % des militants de l’UNDP viennent des autres partis politiques.
A l’allure où Michel Amine utilise le nerf de la guerre comme technique de persuasion des potentiels électeurs, l’on ne doit pas s’étonner qu’il s’empare progressivement d’ici demain du paysage politique centrafricain. Déjà, de nombreuses personnes le qualifient de distributeur automatique. Elles s’accordent à dire qu’il est l’une des rares personnalités politiques centrafricaines qui a fait fortune en dehors du pouvoir de Bangui. En outre, elles pensent également que l’on peut lui donner un chèque en blanc car il n’a jamais servi le pays sous les différents régimes. Surtout lorsque l’on sait que la richesse et le pouvoir font bon ménage en Centrafrique. Quoique le président de l’UNDP soit auréolé par certains Centrafricains, il est aisé de noter que son ascension agace sérieusement les autres prétendants au fauteuil présidentiel. Nombreux sont ceux qui estiment que Michel Amine mène une pré-compagne très déloyale. Certains prétendants à la magistrature suprême ronchonnent qu’il est entrain de procéder à l’achat de consciences des potentiels électeurs. D’autres s’intéressent à son parcours personnel. D’autres encore mettent un lampion sur l’origine de sa fortune. D’ores et déjà, il faut reconnaître que les supputations vont bon train au sein de la classe politique centrafricaine. Des nombreuses informations, qui certes n’ont pas encore été prouvées, laissent entendre que Michel Amine aurait fait fortune en Europe de l’Est et au Mexique…. " Fin de citation.
Figurez-vous qu’en un temps record, Michel Aminé a réussi à conquérir le cœur des centrafricains d’en bas et ceux d’en dessous. Son parti politique serait même en passe de devenir la première formation politique centrafricaine. Alors pensez-vous que les autres candidats lui laisseront le champ libre? A partir du moment où le ministre de la Gestapo centrafricaine lui avait collé un procès imaginaire, l’on doit s’attendre à une invalidation pure et dure de sa candidature d’ici demain. Qu’en est-il de sa formation politique ?

L’UNDP, la formation politique de Michel Amine

Bien que le parti UNDP soit majoritairement composé des transfuges et des danseurs du ventre, il constitue cependant une machine électorale qui pourrait croiser le fer avec les autres partis traditionnels de la Centrafrique. Grâce à l’argent, Michel Amine a pu fédérer un nombre incalculable d’énergies autour de lui. Mais l’argent n’a jamais été un bon élément fédérateur. J’en veux pour preuve les nombrilistes et autres rapaces qui ont réussi à noyauter l’UNDP. Qu’on se le dise, les premiers détracteurs de Michel Amine se trouvent au sein même de son propre parti. Ce sont eux qui lui coupent fréquemment les herbes sous les pieds. Non seulement ces opportunistes se bouffent réciproquement le nez mais ils s’entre-déchirent également à cause des liasses des billets de banque de leur président. Des voix s’élèvent même ces temps-ci au sein de la représentation de l’UNDP en Europe pour contester le choix d’un des membres du bureau qui serait un spécialiste de la transhumance politique. Selon certaines indiscrétions, cet homme politique atypique aurait traîné sa bosse dans tous les partis politiques dont les leaders sont de l’ethnie "mandja". Il fut tour à tour membre du parti politique du défunt Maledoma, de celui du feu Goupandé, de l’ancien premier ministre Tiangaye et comme par hasard, il s’est improvisé militant de l’UNDP. Ce tour national de tous les partis "mandja" a véritablement alimenté les apartés de la grande messe de Paris. D’aucuns assimilent cela à une forme de clanisme fondamental et espèrent que le président de l’UNDP combattrait l’ethnocentrisme qui a toujours ruisselé l’injustice sociale dans le pays.

Au delà des frasques de certains membres de l’UNDP, le parti demeure une véritable machine électorale. Tellement que Michel Amine inquiète ses adversaires, ceux-ci militent en sourdine depuis des mois pour l’invalidation de sa candidature aux prochaines échéances électorales. Si l’emprisonnement de six mois avec sursis était la première étape de ce coup bas politique, la seconde serait invraisemblablement son inéligibilité aux futurs scrutins. Puisque la politique n’est guère figé, il temps que Michel Amine redéfinisse sa nouvelle place dans cette course à la magistrature suprême. Parviendra t-il à le faire ? Surtout lorsque l’on aurait appris que ses démêlés avec la justice auraient rendu ses partenaires financiers de plus en plus réticents. Est-ce parce que Michel Aminé savait utiliser les mots contre les maux de notre société que ses adversaires politiques ont souhaité l’enterrer politiquement ou parce qu’il révolutionne le paysage politique centrafricain? Silence radio.

Rodrigue Joseph Prudence Mayte  - Chroniqueur, Polémiste - 7 juillet 2015