Quand le cynisme et l’incongruité du gouvernement Kamoun interpellent la populace

Par Joachim Gueré Kanda

Joachim guere kanda

@centrafriqueledefi

Souvenons-nous hier comme aujourd’hui où dans l’euphorie de la victoire de dame Catherine Samba-Panza sur Désiré Kolingba, elle affirmait dans sa première déclaration à la nation avec sourire aux lèvres, "je suis une femme d’action. Je suis la maman de tous et je demande à mes enfants qui ont pris des armes de venir vers moi et nous allons reconstruire notre pays. Une maman est celle qui ouvre son cœur à ses enfants".

Cette déclaration qui avait en ce temps galvanisé nos mères à être fières d’être femme et à se dire enfin une femme vient nettoyer la maison que les hommes ont salie. Cette déclaration qui avait en son temps apaisé tous les cœurs et raffermi toutes les inquiétudes, est-elle d’actualité ?

Les observateurs quotidiens de la vie politique centrafricaine sont convenus à reconnaître que dame Catherine appelée JE SUIS VOTRE MERE pour certains, MAMAN EST VENUE ?, FINI LA FAIM n’est que l’ombre d’elle-même et ne s’était  jamais  déplacée pour toucher du doigt la souffrance des enfants, vieillards et femmes enceintes du site des déplacés de l’aéroport appelé Ledger. N’est-elle pas leur MERE ?

Là où le cynisme politique a atteint le paroxysme, ce sont les événements par chronologie des 7 derniers jours au réaménagement technique du gouvernement Kamoun sans égard aux morts, aux deuils et larmes qui coulent.

  • Le 23 octobre 2015 affrontements rivaux entre milices Antibalaka dans le village de Maraly Sous-Préfecture de Bongolo faisant 7 morts et des maisons incendiées.
  • Le 26 octobre 2015  attaque du quartier des Castors
  • Le 26 octobre 2015  mort de Youssouf Mbaïkoua Malet tué à la suite de l’attaque du domicile du Conseiller National Edgard Mbaïkoua aux Castors.
  • Le 26 octobre 2015 - 3 sujets libanais seraient retenus en otage selon certaines rumeurs.
  • Le 26 octobre 2015 un corps retrouvé sous le pont Langbachi dans le 2ème arrondissement.
  • Le 26 octobre 2015 enlèvement du Capitaine Nedjad de l’UPC et son compagnon à Combattant et tués par des éléments non identifiés.
  • Le 26 octobre 2015  deux jeunes de Lakouanga partis vendre de l’eau au km5 sont enlevés et égorgés en représailles. Deux arrondissements où règnaient la quiétude et le bon vivre ont pris le chemin de l’hostilité et en représailles, les boutiques des musulmans longtemps protégées ont été  mises à sac. Mamadou a payé le prix de sa boutique entièrement détruite.
  • Le 26 octobre 2015  dans une nouvelle explosion de violences déclenchée par le massacre de 17 peulhs musulmans, près de 50 personnes tuées dans la région de Bambari dans le centre. Source AFP
  • Le 27 octobre 2015 agression verbale du monseigneur Nzapalahinga par les jeunes du km5 très remontés de la mort du Capitaine. L’ancien ministre de la Défense a échappé in extrémis à un lynchage des jeunes musulmans.
  • Le 28 octobre 2015 les frères du compatriote Atahir Nimer ont été attaqués sur le pont devant Bonuca à l’avenue Boganda.
  • Le 29 octobre 2015 les corps des 2 musulmans morts et découverts à Kéténguéré.
  • Le 29 octobre 2015 représailles des musulmans les maisons incendiés à Fatima et Kina ; fuite de toute la population des 92 logements, Nzangogna et les environs.
  • Le 29 octobre 2015, Aimé Bakouma est tué par balle à Fatima ;
  • Le 29 octobre 2015  attaque contre la paroisse de Fatima ;
  • Le 29 octobre 2015 un véhicule de la Croix Rouge attaqué et les occupants grièvement blessés ;
  • Le 29 octobre 2015 appel du Ministre de la Sécurité Publique appelant la population des zones en hostilité au calme.
  • Le 29 octobre 2015 le gouvernement dans un cynisme interrogatif procède à un réaménagement technique du gouvernement.
  • Le 30 octobre 2015 le compatriote Bilal Almon Azine lance un appel urgent à tous les musulmans des quartiers Sica 1-2-3, Lakouanga et Ville de regagner km5.
  • Le 30 octobre 2015  coups de feu nourris au quartier Cattin toute la journée.
  • Le 30 octobre 2015 à Nguerengou à 26 km seulement de Bangui essaiment les Antibalaka dont 30 ont arrêté et agressé madame Chour née Génévieve Gbadin Sous-Préfet de Damara.
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Cette chronologie sonne comme un rappel des événements tragiques ayant affecté le pays. Les morts par-ci, les destructions des biens par-là et c’est le lieu indiqué pour la Présidence de la République et le Premier Ministre de faire fi de la douleur du peuple et de la nation tout entière pour réaménager le gouvernement.

A-t-on réellement besoin de négliger les morts de ses compatriotes dont on a prêté serment de protéger, pour réformer un gouvernement pour deux  entrées (Sieurs Sambia et Bidoumi) et une seule sortie ( Anguimaté) ? Ce réaménagement était-il à point nommé et important que la douleur et les blessures des familles ? Quelle est l’opportunité d’un remaniement technique à la veille des élections marquant la fin des élections ?

La Cheffe de l’Etat est-elle consciente de l’expression des charges qui lui sont dévolues par la Charte de Transition ?

Article 26 alinéa 2 : "Le Chef de l’Etat de la Transition est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la sécurité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national et du respect des engagements internationaux. " Ne pas garantir la sécurité de ses compatriotes est un manquement grave au devoir de ses charges analysé comme une haute trahison.

Le Président français François Hollande disait "chaque fois que des actes ou situations si graves frappent à la porte de notre conscience, nous devons réagir". Madame la Présidente quelle est votre réaction face à ces actes et situations quotidiens qui frappent à la porte de la conscience nationale de notre pays ? Est-ce réformer un gouvernement dont l’opportunité sied et s’apparente à un arrangement familial?

Même en période de Transition, un ministre a une lettre de mission qui lui permet avec son département de concourir à l’exécution des moyens pour la réussite de ce pour lequel il est nommé. A quarante cinq jours de fin de Transition d’un premier tour de l’élection présidentielle, que fait le ministre pour la réalisation de la politique qu’il s’est assigné et compte mettre en mouvement.

Quelques avis sur le cynisme politique de la  Transition.

Selon Simon Koïtoua : "En Centrafrique, les criminels sont reçus en grande pompe au palais de Renaissance au détriment de vaillant fils du fils du pays ou qui disent la vérité dans l’intérêt général du peuple Centrafricain. Au cours de cette crise aiguée qu’a connue la Centrafrique, nous constatons aussi avec regret la légitimation de la rébellion, cela se traduit par des nominations fantaisistes des sanguinaires, criminels rebelles dans les hautes fonctions de l’Etat, dans un pays qui se respecte ces chefs criminels devraient être purement et simplement écarter du jeu politique."

Rodrigue Joseph Prudence Mayté : "A cause de la puérilité de certains leaders centrafricains et de leur indignité absolue, le pays est devenu de nos jours un cimetière à ciel ouvert."

Claude-Marius Yems :"Je ne comprends pas du tout ce qui se passe au sommet de l’Etat centrafricains ! A chaque fois que les gens sont assassinés, on remanie le gouvernement."

Bernie La Classe :"Est ce le moment ?ca prouve que même  les élections là n’auront pas lieu. Cette femme joue avec le peuple. Qu’est-ce qui se cache derrière cette nomination ?pourquoi tant de manipulation.des nominations à la fin de la transition ? Cela sent mauvais au peuple centrafricain. Alors,  réveillez-vous."

Paulin Baboulou : Soyons vigilant, cette Transition est entrain de nous duper pour prolonger son mandat.

Le 1er novembre 2015  - Joachim Guéré Kanda