Centrafrique: de New-York à Bangui via Paris, le vrai début de la résolution de la crise    

La 72e session du sommet des Nations-Unies sur le développement durable a eu lieu au siège de l’ONU du 25 au 27 septembre 2017. Plusieurs chef d’Etat et de gouvernement ont effectué le déplacement. Contrairement à l’absence remarquable du têtu voisin tchadien, l’élu de la nation centrafricaine a honoré de sa présence le rendez-vous mondial.
 
Le président de la République a plaider solennellement la cause centrafricaine tout en demandant l’appui de la communauté internationale et des partenaires au développement. Dans les mêmes circonstances de temps et de lieu, le president gabonais a fait une plaidoirie en faveur de la levée de l’embargo comme si le message du president centrafricain n’était pas audible et crédible.
 
Depuis son séjour bruxellois et aux bénéfices d’un entretien téléphonique à la sourdine avec le jeune president français, le mathématicien de Boyrabe a été sommé de se rendre à Paris pour un tête à tête au palais de l’Elysée. Visiblement tendu et énervé à la sortie de cette entrevue, le citoyen lambda qui est toujours curieux et inquiet s’interroge dans l’optique de comprendre.
 
Que s’est-il passé au cours de cet entretien ou alors qu’est-ce qui s’est dit entre les deux hommes d’Etat ? Quels sont l’objet et le mobile de cette sommation de venir à Paris ?
Pourquoi le traditionnel tapis rouge de l’Elysée n’avait pas été déroulé à l’élu de la nation centrafricaine alors qu’il a été déroulé quelques minutes après pour recevoir le president libanais ?
Et quelle est la résolution née de cet entretien ? Si résolutions il y a, pourquoi elles ne sont pas rendues officielles ? S’agissait-il simplement de valider et d’imposer la feuille de route de Libreville du 17 juillet 2017 ?
À propos de la feuille de route, cette dernière est-elle fédératrice de différents protagonistes de la crise ? Peut-on dans ce cas d’imposition parler d’une énième ingérence au nom du droit humanitaire ? La feuilles de route fait-elle l’unanimité ?
Et si ingérence il y a, quelles seront les sanctions envisagées en cas de non application de la feuille de route initiée par l’Union africaine ? L’Elysée a t-il un plan B de sortie de crise en cas de non respect de la feuille de route de Libreville ?
 
De sources proches du palais de l’Elysée soutiennent que le message des 4 mousquetaires de la place de la République à Paris a fait des échos et est parvenu à la présidence française. Pour ce faire et pour parer toutes éventualités, nous estimons qu’il n’est pas tard pour que le president de la République rectifie le tir pour arrêter l’hémorragie. Malgré le remaniement gouvernemental, de violents combat ont repris à Bocaranga. Comment peut-on expliquer ce cycle de violence après l’entrée des groupes armés au gouvernement ? Le president de la République doit comprendre que le constat à l’état actuel est médiocre en dépit de l’autosatisfaction de la mouvance présidentielle.
 
Visiblement, le pouvoir a renoncé à ses responsabilités régaliennes au profit des organisations non gouvernementales et des groupes armés.
 
Le clientélisme, l’affairisme, le clanisme et le régionalisme se font sentir à l’image des décrets portant nomination des préfets et sous préfets. Pire, la presse nationale et la presse présidentielle sont privatisées ou sous-traitées à un auto-entrepreneur qui infiltre à volonté et sans résistance les circuits de l’Etat-reportage, entretien, interview etc. Parallèlement à cette privatisation et/ou sous-traitance, le gouvernement travaille t-il dans un climat, de cohésion et de solidarité ?
 
Quelles sont les réactions ds parlementaires et surtout du haut conseil de la communication sur cette dérive. Pour finir, nous tenons à rappeler au president de la République le soutien du peuple qui fait fi de tous les errements liés à la mal gouvernance et lui demande de ramener la paix, la sécurité, de restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national conditions sine qua none de tout développement. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c’est moi.  
 
Bernard Selemby Doudou 
Juriste, administrateur des élections.
Le 29 septembre 2017