Centrafrique : une valeur vénale pour une brocante ou une braderie par la classe politique

Ça y’est ! Les surenchères commencent depuis un certain temps dans la politicaillerie centrafricaine…Il a juste fallu une petite note ordonnancée du président congolais Sassou N’Guesso pour que toutes les différentes institutions de la transition subissent un détricotage spectaculaire. A l’instar d’une posologie élucidant l’administration d’un médicament quelconque, le nouveau curateur de la Centrafrique  donne, change et réoriente à tout va les feuilles de route du pays. D’ores et déjà, le président du Congo Brazzaville donne l’impression à travers ce changement de cap que l’ancienne feuille de route de la Centrafrique n’était purement et simplement que l’œuvre du voisin géant aux pieds d’argile -le président Deby-. Etant donné qu’elle  s’est transformée en eau de boudin, le nouveau curateur de la Centrafrique  préfère jouer sa propre partition. Une attitude qui dénote à suffisance  la guerre de positionnement, la guerre de leadership ou encore  la guerre d’égo qui existe entre le Congo Brazzaville et le Tchad depuis la disparition du baobab  Omar Bongo.

D’ailleurs, il est préférable de reconnaître que la ville de Ndjamena était devenue la capitale de décision politique de la République Centrafricaine au lendemain du coup de force du 24 Mars 2013. Quelques temps plus tard, le Congo Brazzaville s’est emparé de la crise centrafricaine et devient la nouvelle capitale politique  du pays. De nos jours, quasiment tous les leaders politiques avides du pouvoir  ou de portefeuille ministériel se dirigent vers le Congo Brazzaville en vue de s’offrir les appuis indéfectibles et inéluctables du nouveau curateur. Un conseiller du président Sassou, N’Guesso qui ronchonne dans l’anonymat, s’indigne même de la petitesse des hommes politiques centrafricains et de leurs capacités à tout mettre en œuvre pour accéder à la magistrature suprême ou aux sérails présidentiels. Il martèle que plusieurs leaders centrafricains se sont adhérés à l’heure actuelle dans la loge maçonnique dans l’unique but de profiter de l’appui inconditionnel du président Sassou N’Guesso. Quel contraste saisissant ! Il était d’une évidence absolue que toute la classe politique centrafricaine  s’engraissait des rebuts et des rognures auprès du défunt président BONGO. Une réalité politique axée sur une sempiternelle dépendance du pays vis-à-vis du  Gabon que la Centrafrique profonde digérait difficilement.

Le peuple se souvient toujours  avec amertume de l’épisode selon  lequel  toutes les institutions centrafricaines s’étaient rendues au Gabon en 2005 pour régler juste un différend  qui n’a duré que 5 minutes. D’ailleurs, le peuple se rappelle  encore  de cet incident politique qui avait un tant soit peu bloqué le fonctionnement du pays dans toute sa globalité. A l’époque, l’ancien baobab  du Gabon avait eu l’insidieuse pensée d’entasser  dans un avion-cargo  toutes les personnalités du pays de la même manière qu’on transporte des marchandises pour que le différent  soit élagué en un temps éclair…Une image choquante ! Toutefois, il faut admettre qu’à maintes reprises cette même classe politique a effectué des vols similaires au Gabon pour régler les problèmes inhérents à la République Centrafricaine. Un leader politique centrafricain racontait à haute et intelligible voix que le défunt président Bongo savait amadouer toute la classe politique par des  enveloppes consistantes. Ce qui est sûr, les présidents du Tchad et du Congo Brazzaville convoitaient depuis fort longtemps  cette chefferie traditionnelle. D’emblée, ils sont prêts à usité des méthodes peu orthodoxes pour prendre la place du baobab bien que le plus sage de l’Afrique centrale  demeure le président du Cameroun.

Une chose est sûre, les président Deby et Sassou N’Guesso ont respectivement pris le pouvoir avec un fusil sur leurs épaules mais ils font présentement l’esbroufe en arborant l’attitude d’un démocrate taillé sur mesure tout en  donnant des orientations de sortie de crise qui ne cadrent pas avec la réalité centrafricaine.  Déjà, plusieurs débatteurs de la Centrafrique attestent que ces deux présidents putschistes ont largement contribué à l’embrasement du pays. Aussi, ils confirment le manque de maturation politique des leaders nationaux favorisant ainsi cette débâcle. Bien évidemment, ce serait trop facile de tomber dans le triomphalisme ou de capitaliser l’intérêt actuel que certains décideurs mondiaux accordent à la situation centrafricaine… Si le président américain Barrack Obama reconnait qu’il y’a risque de terrorisme en Centrafrique et que son homologue français, François Hollande accorde une place non négligeable à la crise contemporaine de la République Centrafricaine en la hissant au centre des préoccupations de la diplomatie française, il faut admettre que le ciel s’éclaircie au fur et à mesure au pays de ces trublions.

Mais, faut-il compter toujours et encore sur cette classe politique adulée par des promesses mirobolantes et pétaradantes ? Est-ce que cette politicaillerie centrafricaine peut  apporter un nouveau modèle de pacte social et de développement dans la nouvelle république fusionnelle, exemplaire, innovante voire fédératrice ? Sommes-nous en train de vivre la dernière braderie ou la brocante du pays par la classe politique centrafricaine ? Devrions-nous admettre que les Oubanguiens ont démontré leurs limites dans la gestion de la chose publique et qu’il est temps que les Centrafricains s’emparent du pays en vue de mettre fin à ce virus d’instabilité qui dure depuis les indépendances du pays ?

Rodrigue Joseph Prudence Mayte –RJPM-

Chroniqueur, Polémiste