Demande de changement de premier ministre

De plus en plus de voix s’élèvent pour demander un changement de premier ministre en Centrafrique ou plusieurs noms sont évoqués en coulisses tant en Afrique qu'à Paris. La situation est au bord de l’explosion, de l’insurrection. La présidente de transition placée à son insu à l’isolement par plusieurs de ses conseillers se retrouve dans une position très inconfortable. Malmenée, Catherine Samba-Panza sera sans doute dans l’obligation de faire un virage à 180°. Trainée dans la boue, la présidente de transition devra revoir sa grille de lecture.

Insécurité : Jean-Jacques Dematouth, -JJD- ancien ministre de la défense sous la présidence d’Ange-Félix Patassé, insaisissable pour les uns, indomptable pour d’autres, a occupé d’importantes fonctions au DDR sous le régime de François Bozizé puis sous le régime de Michel Djotodia, avant de se retrouver ministre conseiller auprès de Catherine Samba-Panza. Le personnage ne laisse pas indifférent….C'est un homme de ruse et en cas de difficulté, il sera le premier à prendre la fuite à destination de la France.

Une certitude : c’est un dictateur, aveuglé par une soif dévorante de pouvoir. N’a-t-il pas déclaré un jour à la présidente de transition "ce n’est pas juste, moi qui me bat depuis des années pour être président !". Pour mémoire aux dernières élections présidentielles son résultat était de moins de 3%....et détesté par plus de 75% du peuple centrafricain. Les limites de JJD sont criantes  et le double-jeu de JJD édifiant. Depuis 2011 rien n’a été fait pour un réel désarmement alors que d’importants moyens financiers ont été mis à disposition.

Isolement : L’isolement de Catherine Samba-Panza a débuté en février 2014 mais la descente aux enfers en avril 2014 lors de son séjour à Paris. Pour mémoire un membre de sa garde rapprochée "multifonctions" subtilisait tous les messages laissés à l’attention de la présidente. Ironie du sort, le staff de CSP était à la recherche d’un photographe afin de couvrir les déplacements au palais de l’Elysée ainsi qu’à Bruxelles. Un photographe professionnel de surcroit centrafricain vivant à Paris est proposé au staff, mais la réponse fut laconique :  "nous n’avons pas de budget". En attendant la présidence de la république du Centrafrique disposait d’un budget de 20 000 euros en espèces pour la presse. Le hic ? Une personne a reçu près de 18 000 euros. L’esprit de famille et le tribalisme ! Et c’est comme cela que la présidente n’a eu aucune couverture médiatique.

Le peuple est fatigué, épuisé de cette situation. N'est-ce pas feu Omar Bongo, président de la république du Gabon, qui déclarait "je rêve d'avoir un peuple comme les centrafricains. Ce peuple n'est pas exigeant.". Il faudrait si peu pour redonner de l'espoir au peuple du Centrafrique. Pas des paroles, mais des actes. Ah ! Le Centrafrique pays de tous les paradoxes.

2 novembre 2014