Propser Ndouba/Josue Binoua : divorce singlant

PROSPER NDOUBA/JOSUE BINOUA : DIVORCE SANGLANT

Par Michel Soupou 

Samedi 9 mars 2013. Un compatriote de mes amis, affolé, m’appelle nuitamment, sans égard pour mon sommeil que je voudrais réparateur : ‘’Tu as lu Ndouba, non mais tu as lu Ndouba ?’’, éructe-t-il. Manifestement, mon ami a dû être tombé de son lit. ‘’Lis-le vite. Il vient de descendre Binoua au lance-flammes dans son dernier papier’’ croisse-t-il. "Cela ne m’étonne pas, je l’avais prédit"’, ai-je pu articuler, passablement agacé, avant de raccrocher.

Mais le mal était fait. Cet énergumène avait réussi à interrompre mon sommeil. En prévision des jours de neige que la météo belge nous prédit, chacun veille ici à dormir le mieux possible la nuit, surtout que nous sommes un weekend quand même.

Allumant mon ordinateur, je parcours l’objet de son excitation. Et en effet, on ne peut pas dire que le journaleux du Val d’Oise y soit allé avec le dos de la cuillère, traitant pêle-mêle Josué Binoua de " ministre sulfureux qui se dit pourtant pasteur, de détourneur de biens publics etc… " . 

D’ailleurs, je ne résiste pas au plaisir ( ?) de retranscrire tel quel le feu nourri de Ndouba contre son ami Binoua. Avertissement : ces extraits sont à lire lentement pour en apprécier la substantifique moelle : "Le cas Binoua est par ailleurs connu de tout le personnel de ce ministère qu’il a sinistré.  C’est tout le monde qui en parle et s’en plaint. Et même des services de renseignements d’état et des cadres du ministère(…) ont déjà informé le président Bozizé, avec preuve à l’appui, de ce qu’a fait  Binoua dans et de ce département (…). Binoua peut-il démentir que c’est après la dénonciation de ses forfaits par la presse qu’il a remis au ministère de l’Administration du territoire 70 motos destinées aux sous-préfets (…) sur les 92 motos effectivement achetées ? Et où sont les 22 autres motos ? N’a-t-il pas remis  lui-même quelques motos à ses employés du centre Bè Oko et de sa station privée dénommée Radio Néhémie ? Qui ne le sait pas à Bangui ? (…) Quant aux ordinateurs, congélateurs et autres qui ont miraculeusement disparu avec le départ de Binoua, c’est (sic) tous les milieux diplomatiques qui en parlent à Bangui". Eh ben dites-moi!

Et Prosper Ndouba d’en rajouter une grosse louche : "Faut-il rappeler que dès l’annonce de la fin du gouvernement Touadéra 3, ce n’est qu’au ministère de l’Administration du territoire qu’il y’a eu des actes de sabotage nocturne des (resic) fils électriques, de disparitions des mémoires d’ordinateurs, des dossiers de demande d’agrément d’association, etc. Tout ceci sans que le ministre Binoua n’initie une enquête policière pour déterminer les responsabilités (…)."

Ce n’est pas fini car voici la dernière rasade pour la route : "C’est vraiment une honte que le pasteur Binoua dépose plainte contre un journaliste pour (resic) lui demander de lui servir 5 millions FCFA pour payer sa campagne présidentielle de 2016. Franchement, le ridicule ne tue pas en Centrafrique. Venant de ce pasteur qui ne cache son ambition de se présenter encore (reresic) à la présidentielle de 2016 pour mordre la poussière (il avait obtenu à peine 1% en 2005), il y’a de quoi avoir honte de ceux qui se présentent comme des hommes de Dieu en Centrafrique (…)". Vous ne rêvez pas, c’est du Ndouba dans le texte, avec ses fautes de syntaxe et ses formules hasardeuses. Qu’importe ! Car c’est le fond qu’il convient de lire.

LE JOURNALEUX ET LE CROQUE-MORT

Dans une vie antérieure, cet homme a dû avoir été croque-mort, au vu de la dextérité avec laquelle il enfonce le dernier clou dans le cercueil politique de Binoua. Effet, même averti de la duplicité et de la fourberie du directeur de Centrafrique-Presse, j’ai quand même mis quelques minutes à réaliser l’énormité de ce que je venais de lire.

Comment cela peut être possible ? Ndouba le thuriféraire patenté de Binoua, son attaché de presse publiant complaisamment sur son site le moindre discours du ministre de l’Administration du territoire de Bozizé, étalant à sa ‘’une’’ le programme complet de la visite en France du pasteur national, comment Ndouba peut-il tourner brusquement casaque (en bon turfiste) pour agonir son ancien chouchou ? Je me suis pincé, assuré d’avoir raté un épisode du feuilleton.

Comment Josué Binoua, qui aussitôt sorti de chaque conseil des ministres, s’empressait d’envoyer à Centrafrique-presse le verbatim complet des délibérations, comment peut-il être aujourd’hui autant vilipendé par son ami Prosper Ndouba ?

D’ailleurs, l’amour était si parfait entre ces deux margoulins que Ndouba n’hésitait pas à décerner au même Binoua le brevet de défenseur   "courageux" de Bozizé au plus fort des avancées de Séléka au mois de janvier 2013, "pendant que les autres membres du gouvernement se planquaient" dixit Ndouba.

Et pourtant, non ! Tout était là, sous mes yeux incrédules. Et c’est ici que se situait le plus cocasse. Car, juste au-dessus de l’article dont je viens de retranscrire quelques extraits, Ndouba venait de publier un énième discours de Josué Binoua (discours qu’il se dépêchera, le filou et juste après son attaque en règle, de retirer de l’affiche). On y voyait Binoua en photo en train de pérorer lors d’une obscure cérémonie de remise de diplômes d’officiers de police judiciaire.

Assurément, Ndouba devait avoir jugé ce discours si capital qu’il l’avait, comme des dizaines d’autres auparavant, complaisamment publié en intégralité, avec photo de la tronche de Binoua à l’appui. Mais à malin, malin et demi…

Sentant le coup tordu, je me suis, moi aussi, dépêché de télécharger l’ensemble des innombrables discours de Binoua sur Centrafrique-Presse, et il y’en avait un paquet. J’en parle au passé pourquoi ? Parce que Ndouba, tout à son ire contre Binoua, pour des raisons que je révèlerai plus tard, les a tous effacés. Trop tard !

Il n’empêche, nous venions d’assister là à un évènement considérable: le divorce fracassant entre Binoua et Ndouba, unis naguère par les liens d’un mariage freudien de la carpe et du lapin.

L’OPPORTUNISTE PATHOLOGIQUE

Pour les jeunes générations, il importe de connaître quelques aspects de la vie de cet homme qui se prend aujourd’hui pour le Fouquier-Tinville des tropiques, le nouveau Chevalier Bayard, sans peur et sans reproche du bord de l’Oubangui, pourtant "courageusement"’ calfeutré dans le Val d’Oise, en région parisienne.

Trait caractéristique de ce personnage, Prosper Ndouba excelle dans l’art de s’abriter derrière ceux en qui il voit un destin national. Il fut d’abord l’affidé et le premier porte-flingue de Jean-Paul Ngoupandé.

C’est de cette époque que date son accointance avec Abdou Karim Meckassoua, un autre ambitieux qui n’a jamais caché ses prétentions présidentielles et que Ndouba s’est toujours gardé de brocarder en bon opportuniste, jusqu’à l’éviction de Meckassoua du dernier gouvernement. Pour une raison simple. Avec Binoua, Meckassoua était l’autre informateur patenté de Centrafrique-Presse sur les moindres faits et gestes de Bozizé et des autres membres du gouvernement.

Mais revenons au début des années 1990. Sentant le vent tourner et par pur calcul politique et…ethnique, Ndouba trahit prestement Ngoupandé et se rapproche d’Ange-Félix Patassé. Bonne pioche, le barbu est élu président de la République en septembre 1993.

Regard de braise et ventre avantageux, Prosper Ndouba regagne Bangui et devient conseiller en communication à la présidence de la République. C’est là, entre autres coups tordus, qu’il va s’illustrer dans la lamentable affaire dite " des portraits du Président" ’.

En effet, Ndouba fait éditer une effigie de Patassé qui ne saurait dépasser 35.000 Fcfa l’unité mais oblige tous les commerçants de la RCA, essentiellement les Libanais, de se procurer son "bébé" au prix inique de 150.000 Fcfa la photo sans encadrement.

Mieux, dans un premier temps, notre homme exige d’être payé en espèces. Devant la fronde de quelques inconscients, il bat en retraite et ouvre, avec la bénédiction du défunt Etienne Djimarim, directeur général de l’UBAC (ancêtre de l’actuelle CBCA) et bras financier du MLPC, un compte personnel en lieu et place d’un compte au nom de la présidence de la République. Le produit de cette pitoyable escroquerie atterrira sur ce compte personnel de Ndouba.

ARNAQUES A LA PETITE SEMAINE

Prosper Ndouba, c’est le truand qui, aussitôt nommé président du Conseil d’administration de SOCATEL, se dépêche de tripler ses indemnités et jetons de présence, favorisant à tour de bras, avec la complicité active du directeur général de cette société, l’octroi  de multiples marchés de gré à gré, sans appel d’offres. A ce poste et selon une de ses formules préférées, Ndouba "s’en est mis plein les poches"’. Dans la foulée, il fera réformer par l’Inspection générale d’état sa Peugeot 406 bleu de fonction, quasi neuve au départ, pour la vile somme de 250.000 Fcfa. Si ce n’est pas du vol caractérisé,  je me fais nonne !

Prosper Ndouba, c’est surtout l’ami personnel du colonel Mustapha, commandant en chef des Banyamulengués, hordes de bandits sans foi ni loi appelés à la rescousse du pouvoir agonisant de Patassé sur les conseils express de Ndouba.

Or, pendant que des dizaines de centrafricaines…et de centrafricains étaient violés, torturés, exécutés sommairement, Ndouba, chaque vendredi, se rendait consciencieusement au guichet du trésor public pour retirer, en mains propres, des dizaines de millions de Fcfa destinés à l’alimentation de ces criminels. Le rite était immuable. Après avoir subtilisé ‘’sa’’ part, il remettait le reste à son ami Mustapha.

Prosper Ndouba, c’est l’escroc sans scrupule (un pléonasme car par nature, un escroc est dépourvu de tout scrupule) qui, après avoir perdu le pouvoir, reçoit chez lui à Eragny dans le Val d’Oise en région parisienne, Angèle Patassé, l’épouse de l’autre, malade et en quête soins. Ange Patassé envoie plusieurs dizaines de milliers d’euros pour les soins.

Seulement voilà, plus de la moitié de ces milliers d’euros disparaissent dans les poches de Ndouba le truand. Au demeurant, cette misérable arnaque sera à l’origine du divorce (déjà) entre Patassé et Ndouba, à tel point que le barbu et la famille de la défunte Angèle Patassé interdiront à Ndouba de se rendre à Lomé capitale du Togo aux obsèques de l’ancienne première dame.

Mais Ndouba n’en avait cure. Il avait déjà changé son fusil d’épaule, prenant le train de Martin Ziguélé à qui il prête un destin national. A son âge, on ne change pas en matière de duperie et de duplicité.

Dès lors, Centrafrique-presse devient ‘’la Pravda’’ du MLPC et de son chef ‘’charismatique’’ Martin Ziguélé jusqu’aux élections groupées de janvier 2011 où le héraut du MLPC récolte un ridicule 6%. A ce sujet, Ndouba a tort de se moquer maintenant et seulement maintenant du 1% de Binoua en 2005.

Un autre épisode cocasse et douloureux pour Ndouba s’intercale sur ces entrefaites. Comment pouvait-il soutenir ouvertement Ziguélé à cette élection de 2011 à laquelle s’entêtait à se présenter l’ancien président de la République Ange Patassé dont le même Ndouba fut pourtant un des plus zélés partisans ? Quadrature du cercle ! Au final, le maître Patassé devancera largement l’élève Ziguélé.

Car, en turfiste invétéré, Ndouba ne parie que sur des ‘’loosers’’, des tocards si vous préférez. Qu’à cela ne tienne, le moindre communiqué du FARE, patchwork indigeste créé par Ziguélé, Tiangaye et d’autres rigolos pour une prétendue reprise des élections, est systématiquement publié par Centrafrique-presse.

MAUVAIS ET BONS REBELLES

Seulement, si depuis le 15 mars 2003, jour maudit où le pouvoir de Patassé et de Ndouba a été chassé Centrafrique-presse poursuit d’une vengeance inextinguible François Bozizé, le mauvais rebelle, Prosper Ndouba prend pourtant prestement fait et cause pour une autre rébellion, aussi -sinon plus- nuisible, celle de Séléka, appelant ouvertement à la chute de Bozizé tout en niant, comble de l’ignominie, les exactions avérées perpétrés par ces bandits fanatisés.

En réalité, ce que beaucoup d’entre vous ne savent pas, c’est que Ndouba ne fait jamais rien pour rien, jamais. En effet, lorsqu’il met sa plume au service d’une cause, aussi ignoble soit-elle, c’est toujours pour en récolter les fruits, c’est toujours pour en tirer un profit personnel. Dans les faits, Ndouba n’est qu’un vil mercenaire de la plume.

Pour cette fois, espérait-il qu’après avoir pris Bangui, Séléka le nommerait ministre de la Communication. Il avait soigneusement acté ce marché avec Eric Néris, le porte-parole des rebelles. Las ! Eric Néris, marginalisé après un séjour rocambolesque à l’hôtel Lutétia de Paris en compagnie de Gaston Nguérékata, parti sans payer sa note  d’hôtel au moment même où se tenaient les pourparlers de Libreville, un autre opportuniste Christophe Gazam-Betty va griller Ndouba au poteau et rafler la mise. De cette entourloupe avortée, Ndouba s’est bien gardé d’en parler avec Ziguélé. Car, il ne faut pas insulter l’avenir.

Il reste que, dans l’article que je viens de citer et tout à sa fureur contre Binoua,  Ndouba a fait une révélation intéressante. Comme en 2005, le pasteur national s’apprête à concourir en 2016. Seulement voilà ! D’après les calculs du MLPC, Martin Ziguélé a dû renoncer au gouvernement d’union nationale pour se consacrer à cette présidentielle de 2016 lors de laquelle un quidam comme Binoua ne devrait pas venir jouer les troubles fêtes. Parce qu’effet, ledit Binoua s’est depuis passablement enrichi et pourra de ce fait constituer un empêcheur de ‘’présider en rond’’.

PAYS EN RUINES

Et peu importe si le pays qui organisera (peut-être) ladite élection ne se relèvera jamais de la ruine consécutive aux 10 ans du régime calamiteux de Patassé, Ziguélé et Ndouba. Ce pays ne se relèvera pas non plus des 10 autres longues années d’incurie du régime de Bozizé.

Mais la République centrafricaine sera à coup sûr achevée par les terribles épreuves que lui font déjà endurer les islamistes de Séléka, pour l’essentiel des tchadiens, soudanais, voire des yéménites, malgré les dénégations de certains leaders rebelles, tous aussi étrangers, mais aujourd’hui confortablement installés dans les moelleux fauteuils ministériels à Bangui. L’exception notable qui confirme la règle, c’est Michel Djotodja, authentique Goula de Birao qui a étudié au lycée de Bambari à la fin des années 60. Or, cet apprenti sorcier, malade, a perdu la main et ne la reprendra sans doute jamais.

Il n’empêche ! Les mêmes causes, placées dans les mêmes conditions produisant invariablement les mêmes effets, la rébellion de Séléka que, Ndouba soutient de manière presque hystérique, fera pire que Bozizé.

On le voit déjà à travers les razzias, les exactions, les destructions de biens publics et privés, les exécutions sommaires. C’est peu de dire que le pays est complètement paralysé. Les habitants des villes occupées par Séléka vivent dans la terreur. Les hommes et les biens ne peuvent plus circuler. L’approvisionnement en denrées de première nécessité et en produits vivriers devient un cauchemar. L’année blanche est déjà actée pour les élèves et les étudiants de l’arrière-pays. Les conditions sanitaires sont épouvantables. Les circuits de l’économie formelle et informelle sont complètement désorganisés. Le pays a fait un bond…en arrière de 40 ans.

Comment pouvait-il en être autrement tant les chefs de cette coalition hétéroclite sont  tous des hommes (eh oui ! exclusivement, vous l’avez remarqué ?) sans préparation quelconque pour exercer la charge des affaires de l’Etat, et je suis extrêmement indulgent. En outre, l’écrasante majorité de leurs troupes est composée d’ignares abrutis de chanvre et autres neuroleptiques.

Comment en est-on arrivé là ? La raison en est simple. Séléka est une machine mal montée par des commanditaires tapis dans l’ombre mais qui leur a finalement échappé.

Et comme toute machine, lorsqu’elle s’emballe, elle est hors de contrôle. C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui, avec les conquêtes insensées des villes de l’extrême-est. Je ferai le moment venu des révélations sur Séléka, documents accablants à l’appui.

Dès lors, Christophe Gazam-Betty aura beau s’égosiller, aucun élément de Séléka ne lui obéira. Au contraire, ces délinquants pour la plupart sont très heureux d’organiser aujourd’hui le pillage systématique de la mine d’or de Ndassima, des mines de diamant de Bria etc. La faune des parcs nationaux du nord et du nord-est, y compris les espèces protégées, fait les frais d’un braconnage à très grande échelle. Un ancien conservateur de parc que j‘ai eu au téléphone avoue qu’à cette allure, dans moins d’un an, il ne restera plus un seul rhinocéros, un seul éléphant, ni même une seule gazelle dans ces contrées sacrifiées. Les centrafricains ont-ils conscience du fait que, sous leurs yeux, leur pays est en train de revenir à l’âge de pierre ? Pour Ndouba aucun doute. Seul lui importe son retour au pouvoir, même dans un pays en ruines.

ERREUR DE CASTING

D’autant que, formidable erreur de casting, la désignation de Nicolas Tiangaye au poste de Premier ministre, n’a répondu à un aucun critère sérieux. Je le dis comme je le pense. Cet homme, que je respecte, est incontestablement un juriste brillant doublé d’un défenseur acharné des droits humains. Mais une fois que l’on a dit cela, qu’est ce qui reste ? Rien !

Il existe un exemple tout-à-fait récent et parlant de ces technocrates compétents et extrêmement outillés dans leur domaine de prédilection mais qui se révèlent très vite comme de bien piètres politiques. Le cas le plus emblématique est celui de Cheik Modibo Diarra, ci-devant Premier ministre du Mali.

Auréolé de sa participation à la mission américaine Pathfinder initiée par la NASA pour la conquête de la planète Mars, cet astrophysicien est très vite apparu comme un médiocre acteur politique de série B, finalement sorti de la scène malienne par la toute petite porte.

Or, comme la plupart des supposés leaders centrafricains, Nicolas Tiangaye est venu à la politique par "l’escalier de service", si j’ose m’exprimer ainsi. Rien ne l’y prédisposait. A part l’expérience réussie du Conseil national de transition –CNT- qu’il a présidé entre 2003 et 2005 sous Bozizé déjà, Tiangaye n’a jamais dirigé aucune autre structure de l’état. Cet argument, je l’avoue, peut paraître spécieux. Cependant, ceux qui connaissent bien le Premier ministre disent unanimement ‘’que c’est un homme velléitaire, pusillanime et vindicatif’’, défauts rédhibitoires pour qui veut être un grand politique susceptible de bien servir son pays.

Le président de la République ne s’y est d’ailleurs pas trompé, lui qui raconte à qui veut l’entendre que « Tiangaye n’est pas un homme ». Cette saillie, venant de la part d’un roublard comme Bozizé, ne saurait être considérée comme un compliment. La preuve, peut-on dire, Tiangaye, comme l’ensemble de son gouvernement, membres de Séléka compris, sont aujourd’hui complètement désemparés devant la reprise des hostilités par les bandits armés de cette coalition, lesquels n’ont que faire des Accords de Libreville, juste au moment où les syndicats projettent sérieusement de déclencher une grève générale sur la partie encore viable et congrue du territoire.

HORIZON BOUCHE

Et c’est ici que j’aimerais terminer sur Ndouba. Le calcul du directeur de Centrafrique-presse est simple. Bozizé, carbonisé sur le plan national et international, est fini. L’attelage, fait de bric et de broc du gouvernement d’union nationale, ne tiendra pas. Séléka va continuer ses exactions et à terme imploser. Et Tiangaye va échouer (ce qui est malheureusement en bonne voie). Ne restera sur ce champ de ruines que Martin Ziguélé, depuis quelques jours en France pour faire valider cette thèse auprès de ses soi-disant amis de la rue de Solferino.

En effet, avec le soutien supposé du Parti socialiste français, le président du MLPC doit se tenir prêt pour au mieux, constituer un recours en cas d’interruption brutale du processus en cours à Bangui, au pire apparaître comme un sauveur en 2016, tombant de l’arbre, comme Leuk-le-Lièvre au milieu des animaux de la forêt réunis en conclave ( ?) et s’écriant : "Je suis un homme neuf, je viens de naître" Pour cela, pas de quartier. Il faut faire place nette. Binoua ne doit pas être candidat en 2016. Prosper Ndouba fera tout pour ‘’descendre’’ son ancien ami. Le journaleux du Val d’Oise a dû avoir beaucoup lu "Leuk-le-Lièvre ou Les Contes de la brousse et de la forêt" .

Michel  SOUPOU

Le 15 mars 2013