Ange-Félix Patassé : 1/3 de l'état de grâce du "président démocratiquement élu aux mutineries octobre1993 juin 1997

 Par Thierry Simbi


1. L’alternance démocratique et l’état de grâce  : octobre 1993 - avril 1995.

Les élections présidentielles et législatives de septembre-octobre 1993.

A la suite de l'instauration du multipartisme en juillet 1991, en réponse aux nombreux appels à la démocratie et après avoir été reporté plusieurs fois, le premier tour des élections a finalement eu lieu le 22 août 1993. La campagne électorale ainsi que les deux tours du scrutin se déroule dans un calme relatif, malgré un certain nombre d'irrégularités dues à une administration défaillante et à quelques actes de violence mineurs.

Les résultats partiels sont dévoilés le 25 août : Patassé arrive en tête des suffrages avec 42%, suivi de Goumba et de Dacko, au coude-à-coude 20%. Kolingba arrive loin derrière qui n’accède donc pas au second tour. Conscient de l’imminence de sa défaite, Kolingba contre-attaque le 28 août. Il signe deux ordonnances, l’une concernant la recomposition de la Cour suprême et le changement, a posteriori, du Code électoral, ce qui aboutit purement et simplement à l’annulation des élections. Le bras de fer avec la France commence, la diplomatie française décidant de suspendre toute coopération avec le régime.

Le 29 août, Kolingba fait machine arrière et retire ses deux ordonnances. Les résultats définitifs peuvent être annoncés : Patassé et Goumba se qualifient pour le second tour en obtenant respectivement 37,32% et 21,68% des suffrages. Kolingba tente tout de même une ultime action de déstabilisation.

Le 1er septembre, sous l’influence du "clan Mansion" qui prône un recours en annulation : il libère Jean-Bedel Bokassa ainsi que tous les prisonniers de droit commun mais cela n’empêchera toutefois pas la tenue du second tour.

Le deuxième tour qui se tient le 19 septembre 1993 consacre la victoire d’Ange-Félix Patassé avec 53,45% des voix, sur le socialiste Abel Goumba. Après trois années de turbulences sociopolitiques, le lendemain des élections présidentielles et législatives d’octobre 1993 a été l’occasion de faire une paix des braves. Les adversaires malheureux de Patassé ont tous reconnu leur défaite.

Le nouveau président a ainsi connu une période de grâce de plus de deux ans -octobre 1993-avril 1995- marquée par la fin de la grève générale dans la fonction publique et la suspension unilatérale de toutes revendications et actions syndicales -trêve syndicale-.

Aux élections législatives, le MLPC obtient 33 sièges, suivi du RDC avec 13, le FPP de Goumba, 7, le PLD de Kombot-Naguémon 7, le MDD de David Dacko 6, l'ADP de François Péhoua 6 tandis que d’autres petites formations remportent entre 3 et 1 siège.

Le gouvernement du Professeur Jean-Luc Mandaba : 25 octobre 1993-12 avril 1995.

Le 25 octobre, M. Jean-Luc Mandaba, médecin spécialisé en chirurgie générale et infantile, membre du MLPC est nommé Premier ministre.

Le 30 octobre, un gouvernement de coalition de 17 membres du MLPC, du PLD, de l’ADP, du MDD et du RDC est formé. En 18 mois d’exercice du pouvoir, le gouvernement du Pr. Mandaba a profité de cette période d’état de grâce pour réaliser les actions suivantes :

  • Assuré la reprise du travail, mettant fin à la longue grève de trois ans,
  • Obtenu la trêve sociale des syndicats afin d’éviter de nouvelles grèves,
  • Fait adopter la nouvelle constitution dite réellement démocratique en février 1995,
  • Mis en place la commission parlementaire et d’audit créée en décembre 1993 qui avait pour mission de fixer l’opinion nationale et internationale sur l’état des lieux légué par le régime précédent,
  • Mis à jour le plan d’effectifs de la fonction publique,
  • Assuré le paiement des salaires et pensions grâce à une aide budgétaire de la France et certains concours financiers extérieurs -déblocage des fonds du Stabex par l’UE- dans le cadre de l’assistance post-dévaluation.

 

Même si l’on observe une hausse de la production de coton d’environ 30%  soit 16 000 tonnes contre 12 000 en 1992-1993, on observe une baisse de la culture du café et surtout du tabac ainsi que des cultures vivrières malgré l’expérimentation de la nouvelle variété de maïs Ngakoutou-Patassé. Jean-Luc Mandaba fut finalement accusé par ses propres collègues de la majorité présidentielle d’incompétence et menacé d’une motion de censure par son parti le MLPC. Il démissionnera le 12 avril 1995 sans avoir pu mettre en œuvre son ambitieux programme et sera remplacé le 13 avril 1995 par un autre membre du MLPC M. Gabriel Jean-Edouard Koyambounou, ancien syndicaliste alors Ministre des finances.

Les relations avec la France.

Patassé s’assure du soutien du ministère français de l’Intérieur, à la tête duquel trône Charles Pasqua. Celui-ci envoie à Patassé une quinzaine d’agents du RAID -le Groupe d’intervention de la police nationale- pour le protéger après son élection. Pour former la nouvelle garde Présidentielle, Patassé fait appel à Paul Barril, l’ancien gendarme de la cellule anti-terroriste de l’Elysée qui avait été impliqué dans une tentative de remise en selle de Bokassa en 1986. De même, un membre de son réseau africain, le commissaire Louis-Aimé Blanc, deviendra le conseiller en matière de renseignement et de protection des zones minières du nouveau président centrafricain. Cette proximité s’affiche aussi sur le plan des alliances politiques : le MLPC demande au RPR de l’aider à organiser son congrès en novembre 1995. Le maintien d’une forte présence française au cœur de l’appareil d’Etat centrafricain reste crucial pour les autorités françaises.

Malgré la fin de la guerre froide, le pays n’a pas perdu son rôle de porte-avions terrestre des opérations françaises turquoise au Rwanda en 1994. De façon perverse, elle est dépendante financièrement de cette présence française : selon la lettre du continent, "l’apport financier des forces armées françaises pré positionnées à Bouar et à Bangui représenterait la moitié du budget de l’Etat." Il serait donc difficile à tout gouvernement de s’en passer…

La dévaluation du Fcfa  : janvier 1994.

L’annonce d’une dévaluation de 50% de Fcfa par rapport au franc français intervenue le 12 janvier 1994 fut ressentie comme un électrochoc dans la plupart des pays de la zone franc. Ce changement de parité est intervenu dans le nouveau contexte instauré par une équipe de technocrates plutôt partisans du néo-libéralisme et surtout acquis à la doctrine d’Edouard Balladur, Premier ministre français depuis avril 1993 qui souhaite imposer aux Etats africains des ajustements structurels visant à réduire le train de vie des Etats. La dévaluation du Fcfa va porter un coup fatal au pouvoir d’achat des centrafricains. Les prix à la consommation ont augmenté du jour au lendemain avec un taux d’inflation d’environ 25%.

En effet, alors que le marché intérieur centrafricain est largement alimenté par l’importation des produits manufacturés européens, le même produit au même prix devenait subitement inaccessible au consommateur centrafricain. Cette situation a ravivé le système D -débrouillardise- qui a permis aux populations de s’en sortir, face à un Etat absent dans l’accompagnement des mesures d’assistance aux citoyens. La corruption s’est accrue à tous les niveaux parce que les salaires n’ont pas augmentés alors que le marché a été "réévalué".

Le gouvernement de M. Gabriel Jean-Edouard Koyambounou : 13 avril 1995 - 29 juin 1996.

Le deuxième premier ministre du régime Patassé a passé à peine plus de 15 mois à la tête du gouvernement. Il sera d’abord confronté aux revendications des syndicats en septembre 1995 qui exige le paiement des arriérés et du paiement des salaires à terme échu. La proposition du pouvoir d’instituer des "Bons du Trésor"  comme modalité d’apurement de ces arriérés qui rappelait "l’Emprunt National" obligatoire des années Dacko I fut refusée par les syndicats avec une grève.

Les enseignants, au cours de la deuxième semaine du mois d’avril 1996 entamèrent une marche de protestation depuis la Bourse du Travail jusqu’à la Place de la République. Ces mouvements sociaux seront suivi par un mouvement de protestions d’une partie des FACA à l’origine des mutineries qui ont un caractère corporatiste doublé de frustrations au sein de l’armée. En effet, les éléments de l’ancienne Garde présidentielle reversés dans les rangs des Forces armées centrafricaines -FACA- sous-équipées et sous-financées privilégiés sous l’ancien régime sont extrêmement mécontentements de leur sort. Ces tensions font aussi échos aux arrestations et détentions depuis 1994, de personnalités proches de l’ancien régime tels que Mamadou Gari, Guillaume Lucien Ndjengbot, Anicet Saulet Yavro, Chaïr Walidou, Mathias Repago-Goneyo, Christophe Grelombe ou encore Augustin Ngbanda.


2. Le temps des mutineries  : avril 1996- juin 1997.

1ère mutinerie : 18-21 avril 1996.

Le 18 avril 1996, les éléments du Régiment de Défense Opérationnelle du Territoire -RDOT- en détachement en province convergèrent au PK12 et entrèrent dans la capitale exigeant le paiement de trois mois de retard de solde. Cette insurrection des hommes de rang est conduite par l’adjudant Isidore Dokodo et le sergent Cyriaque Souké. Les mutins prennent dans un premier temps Radio Bangui, ainsi que d’autres points stratégiques de la capitale et tentent d’attaquer la présidence. La Garde présidentielle sort. L’affrontement fait près de 10 morts et une quarantaine de blessés. C’était ce qui allait être la "première" mutinerie se dénoua en quatre jours à l’issue des négociations menées et conclues grâce à la présence des Eléments Français d’Assistance Opérationnelle -EFAO-, basés au Camp Beal, lesquels quadrilleront Bangui pour protéger leurs ressortissants -opération Almandin I-. Les mutins recevront finalement leurs salaires et le président accepte de ne pas lancer de procédures judiciaires contre les soldats. La tension retombe, mais pas pour longtemps.

2e mutinerie : 18-27 mai 1996.

Le 18 mai 1996, la rumeur que l’armurerie du camp Kasaï, la base du RDOT, passerait sous le contrôle de la Garde présidentielle, déclenche une nouvelle irruption de colère au sein des FACA. Cette fois, la mutinerie dure une dizaine de jours et implique plusieurs centaines de militaires. Encadrés par des sous-officiers, leurs revendications se font plus politiques. En même temps, Bangui est mise à sac, avec la participation enthousiaste des nombreux laissés-pour-compte dans la capitale. Les combats sont plus violents que précédemment poussant une nouvelle fois la France à intervenir militairement le 22 mai 1996.

Le général français Bernard Thorette, chef du Centre opérationnel interarmées, débarque alors à Bangui pour gérer la crise. L’armée française monte dans le même temps une importante opération, "Almandin II" pour évacuer plusieurs milliers d’étrangers. Le bilan des violences est sensiblement plus lourd qu’en avril avec plus de 40 morts et près de 250 blessés alors que près de 3 500 sont évacués du pays. Le déploiement des forces françaises soutenues par des militaires tchadiens et gabonais contraint les mutins et le pouvoir à la négociation.

Le chef de l’Etat centrafricain ainsi que les médiateurs -notamment Nicolas Tiangaye, le président de la ligue des droits de l’homme, mais aussi l’ambassadeur français Jean-Paul Angelier- sont écartés des négociations avec les mutins : l’armée française joue sa partition en solo. Cette mutinerie trouva une issue "honorable" pour les deux parties. Un accord fut conclu pour éloigner l’adjudant Isidore Dokodo, les sergents Cyriaque Souké, Kpowka, Koba et 5 autres sous-officiers, "cerveaux" de cette insurrection armée, lesquels furent conduits en France.

Le 27, Ange-Félix Patassé est forcé d’accorder l’impunité aux mutins, en échange du casernement de ceux-ci par l’armée française. Sous la pression de Paris, le gouvernement de Koyambounou sera contraint de céder sa place à un Gouvernement d’Union Nationale -GUN-, dirigé par Jean-Paul Ngoupandé.

Le gouvernement d’union nationale de Jean-Paul Ngoupandé  : 30 juin 1996 - 30 janvier 1997.

Nommé premier ministre du GUN le 30 juin 1996 à la fin de la deuxième mutinerie, Jean-Paul Ngoupandé, alors ambassadeur à Paris. Cet ancien ministre de l’éducation durant le règne de Kolingba a notamment été ambassadeur de Centrafrique en Côte d’Ivoire. C’est là qu’il a été repéré par Michel Dupuch, alors ambassadeur de France à Abidjan et futur conseiller pour les affaires africaines de Jacques Chirac quand celui-ci accédera à la présidence française en 1995. Ngoupandé est par ailleurs ambassadeur en France lorsqu' Ange-Félix Patassé est sommé de le rappeler au pays pour prendre la tête du gouvernement. Le GUN où tous les partis ayant une représentation parlementaire vont siéger. Le MLPC, le MDD, le RDC, le FPP, le PSD, le PLD et la société civile entrèrent au gouvernement.

Toute la classe politique centrafricaine s’est engagée le 5 juin 1996 à œuvrer pour sortir le pays de l’œil du cyclone par la signature du Protocole d’Accord Politique -PAP- suivi par le Programme Minimum Commun -PMC-. Mais, ce PMC ne pourra jamais être élaboré car le président Patassé étant catégoriquement opposé à cet accord préconisant une révision de la constitution du 14 janvier 1995 réduisant le champ d’action du Président au profit du premier ministre, le vote d’une loi d’amnistie pour les mutins ou encore des élections anticipées en vue d’une réconciliation nationale.

Les Etats Généraux de la Défense nationale ouverts le 5 août devaient proposer des solutions aux maux qui ont gangrené les forces de défense et de sécurité centrafricaines par les recommandations formulées furent pour la plupart non suivies d’effets. Le Général malien Amadou Toumani Touré est intervenu le 27 août 1996, en se fondant sur l’exemple malien, éclairant les militaires sur le rôle de l’Armée, garante de la démocratie et de l’ordre républicain. Ngoupandé a été le premier ministre de Patassé dont le durée a été la plus brève, soit 7 mois. Cette brièveté s’explique par le fait que les deux chefs de l’exécutif ont vécu une cohabitation tumultueuse, l’un tenant à sa légitimité issue du suffrage universel, l’autre, imposé par la situation de crise grave que traversait le pays avec la bénédiction de Paris. Les rapports entre le Chef du Gouvernement, son directeur de cabinet Karim Meckassoua, et les caciques du MLPC étaient exécrables et l’on se rappelle de la formule du président Patassé : - ne touchez pas à mes militants !" tandis que certains ministres référaient directement au président sans passer par le Chef du Gouvernement.

3e mutinerie : 15 novembre 1996 - 30 juin 1997.

Le feu qui couve sous la cendre reprend subitement le 15 novembre 1996 lorsque le ministre de la Défense nationale, M. Jean-Mete Yapende décide de faire arrêter le capitaine Anicet Saulet Yavro, -qui dirigea notamment la Socatel du temps de Kolingba-, évadé de la prison de Ngaragba lors de la précédente mutinerie. La mise en déroute de la section de gendarmes et policiers commise pour cette opération a été le point de départ de ce que l’on appellera la "troisième" mutinerie, la plus longue, la plus politique et la plus meurtrière. Les mutins s’organisèrent en Collectif des Officiers, basé au Camp Kassaï, dirigé par le capitaine Anicet Saulet Yavro, le lieutenant Parfait Anicet Mbay et pour le site de Petevo, le capitaine Jules Kogbia, le lieutenant Zaou et le lieutenant Gilbert Koyengba. Plutôt que d’attaquer frontalement la présidence, les mutins se dispersent dans les quartiers longeant l’Oubangui et prennent ainsi le contrôle du port pétrolier de la capitale.

La situation s’enlise. Le pouvoir procède au recrutement à la hâte de jeunes qui, après quelques séances de maniement d’armes de guerre, vont constituer les fameuses milices Karako et Balawa, que les exactions et destructions des maisons se poursuivent aux quartiers Sara, 92 Logements, Combattant, Ouango, etc. et que des éléments comme le colonel Christophe Grelombe sont éliminés. Alors que les mutins avaient atteint le PK0, l’armée française intervient pour enrayer l’escalade militaire. Les fils du dialogue tardent à se renouer et Bangui reste divisée pendant de longues semaines. Suite à l’assassinat de deux militaires français en patrouille abattus au niveau du quartier Lakouanga, l’Armée française a déployé les grands moyens -près de 2 000 hommes, véhicules blindés, automitrailleuses, hélicoptères etc.- pour bombarder les quartiers sud de Bangui dans la nuit du 4 au 5 janvier 1997. Le feu est non seulement ouvert sur les mutins mais fait aussi plusieurs dizaines de victimes collatérales civiles, alors qu’elles cherchaient à s’abriter à l’intérieur des quartiers. Cette intervention punitive provoque, à Paris, une vive réaction de Lionel Jospin, alors premier secrétaire du parti socialiste, qui dénonce "un interventionnisme d’un autre temps".

Ce début de débat public met en relief le dilemme dans lequel le gouvernement français se trouve depuis le début des mutineries:

  • faut-il assister, à la prise de pouvoir des mutins, au risque de se voir reprocher le lâchage d’un président démocratiquement élu et longtemps considéré comme anti-français ?
  • Ou bien faut-il voler au secours d’Ange-Félix Patassé au risque d’être accusé d’ingérence?

 

Finalement, les autorités françaises décident de porter la présence militaire française à Bangui de 1 400 à 2 300 hommes pour y maintenir l’ordre constitutionnel, au besoin par les armes avant de passer le relais à une force internationale d’interposition. Le scénario connaît un début de réalisation au sommet franco-africain à Ouagadougou, en décembre 1996.

Pour tenter de résoudre la crise, France et ses chefs d’Etats africains décident d’envoyer début décembre une mission de médiation à Bangui composée d’Omar Bongo, d’Idriss Déby, de Blaise Compaoré et d’Alpha Oumar Konaré. Ceux-ci parviennent à faire signer aux mutins ainsi qu’au Président Patassé les "accords de Bangui" signés au Palais de l’Assemblée nationale le 25 janvier 1997, un accord de sortie de crise qui impose un cessez le feu immédiat. Ces accords prévoyaient l’organisation de la Conférence de Réconciliation Nationale, la prise en charge par la communauté internationale du paiement d’une partie des arriérés des salaires, la prise en compte des recommandations des Etats Généraux de la Défense nationale.

Pour garantir son application, un comité de suivi international est mis en place, présidé par le malien Amadou Toumani Touré. Pourtant, le Président Patassé n’entend pas jouer l’apaisement. Le jour même de la signature des accords de Bangui, il promeut un décret suspendant le paiement des soldes des mutins.

Le 30 janvier, il destitue le premier ministre Jean-Paul-Ngoupandé, pour le remplacer par Michel Gbezera-Bria, son ancien directeur de cabinet.

Le gouvernement d’Action et de Défense de la Démocratie de Michel Gbezera-Bria : 30 j anvier 1997 - 5 novembre 1998.

L’éviction de Jean-Paul Ngoupandé et la nomination de Michel Gbezera-Bria à la tête d’un gouvernement d’Action et de Défense de la Démocratie -ADD- traduit la volonté de repris en main du pouvoir par le Président Patassé et son parti le MLPC au nom de la légitimité du suffrage universel. Connu pour son intégrité et son humilité, Gbezera-Bria n’est pas membre du MPLC bien que proche du chef de l’Etat au plan régional. Il a été plusieurs fois ministre au temps de Bokassa et ancien ambassadeur auprès de Nations Unies.

Au cours des 21 mois d’existence, le GADD a fait avancer un certain nombre de dossiers tels que la réintégration des militaires mutins, l’adoption le 15 mars 1997 de la loi d’amnistie générale des infractions liés à la mutinerie, la mise en place des institutions prévues par la constitution de 1995 -Cour Constitutionnelle, Cour des comptes, Cour de cassation , la création de 17 nouveaux tribunaux, l’adoption d’un Code électoral mettant en place une Commission Electorale Mixte et Indépendante -CEMI- ou encore la tenue d’une conférence de réconciliation nationale.

Sur le terrain, accords de Bangui aboutissent à l’installation à Bangui le 12 février 1997 de la Mission Interafricaine de Surveillance des Accords de Bangui -MISAB- composée de près de 800 soldats composée de contingents venus du Burkina Faso, du Mali, du Sénégal, du Tchad, du Togo et du Gabon qui se déploient dans la capitale centrafricaine. Cette force est particulièrement aidée par la France qui en assure le soutien logistique et le financement. Un classique de la nouvelle doctrine de l’armée française qui vise à diminuer l’exposition opérationnelle et médiatique des soldats français. Mais, sur le terrain, l’action de la MISAB -en particulier les contingents tchadiens et sénégalais- s’avère catastrophique. Celle-ci n’hésite pas, à l’instar des troupes françaises en janvier, à mener des actions de guerre contre les quartiers Sud-Ouest et Est de Bangui supposés favorables aux mutins entre fin mars et fin juin causant au passage la mort de nombreux civils.

 

A suivre... 1/3

Source utilisée: De nombreux éléments d'informations dans cette chronique sur la chronologie des mutineries ont été rapportés par Clotaire Saulet Surungba sur le site http://www.sangonet.com/Histoir…/devoirdememoire-clots2.html auteur du livre "Centrafrique 1993-2003 la politique du changement d'Ange-Félix Patassé" paru chez l'Harmathan en 2012 http://www.editions-harmattan.fr/index.asp…  

Le 1er juin 2017


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